La conscience.

Je n’ai pas été élevée dans une quelconque religion à proprement parlé. Mon père, ayant eu une expérience avec les curés, critiquait souvent l’église et bien qu’il ne nous interdisait rien à ce propos, il ne nous en disait pas du bien. Ma mère était un peu plus croyante dirai-je elle priait souvent la Sainte Vierge et il y a surtout une phrase qu’elle répétait souvent : Le bon dieux ne paye pas tous les vendredis, mais il paye.

Enfant je n’avais pas tellement l’idée du sens de cette phrase. Plus tard j’ai compris, que nos actes avaient toujours des répercutions et en lisant la signification du Karma, j’ai fait la liaison.

Je me suis donc donnée une conduite de vie très tôt, faire le bien pour recevoir du bien et accepter le mal en retour du mal. C’est sans doute un peu simpliste comme explication, mais j’ai donc appris à être vigilante et à vouloir vivre en toute tranquillité avec ma conscience.

Je ne dis pas que je ne fais jamais le mal, mais je ne le fais jamais volontairement, juste pour le plaisir de blesser. Je n’ai aucun sentiment de haine, pas le moindre désir de vengeance. J’accepte les coups durs de la vie, et je fais mon possible pour apaiser les coups durs des autres. Je me veux honnête, franche, sincère, j’ai du coeur, je suis hypersensible et pour avoir connu bien des épreuves dans ma vie, je sais avoir de la compassion ou de l’empathie envers les autres.

De part ma grande sensibilité, j’ai sans doute souffert plus que je n’aurai du…

Je n’en sais rien, mais je ne supporte pas de voir les autres souffrir, je me sens l’âme d’une mère Térésa. J’ai l’élan vers quelqu’un qui pleure, même si je ne le connais pas, je ne peux pas résister. On dit souvent de moi que j’ai une aura. Je ne crois pas qu’il s’agisse d’aura, je pense que je sais sourire, me montrer réceptive, attentive, et cela doit se voir, se sentir.

Je suis heureuse d’être comme je suis. Parfois je suis frustrée de voir que ma volonté de faire le bien n’est pas reçue par celui ou celle que je voudrai soulager. Avant je prenais cela comme un refus de ma propre personne, un rejet Ensuite j’ai compris que l’on ne peut pas semer le bien sur une terre aride ou infertile. Je crois qu’il faut savoir laisser au gens le temps d’être prêts à recevoir. Parfois c’est difficile lorsque on pense avoir la clé du bonheur de l’autre, les solutions à ses problèmes, les mots pour lui montrer le chemin, ou encore le désir de le faire sortir de ses chaînes. Il faut accepter d’être impuissant pour certains, s’ils ne sont pas prêts, toute notre bonne volonté n’y peut rien, et n’enlève rien à notre bonté. Il faut juste accepter d’avoir quelque chose à offrir, mais que notre cadeau n’est pas accepté.

Il m’est arrivé souvent de vivre cette frustration de ne pas pouvoir aider, mais je me suis rendu compte que même si mon aide ne portait pas ses fruits sur le moment, le temps fait son travail sur l’autre et l’aide à prendre peu a peu conscience du bien fondé de mes démarches. Cela ne marche pas avec tous le monde, quelquefois il m’a fallu m’avouer vaincu et seulement avoir la satisfaction qu’en toute bonne conscience j’ai fait ce que j’ai pu.

Cette petite phrase citée plus haut a donc eu un grand impact sur moi puisque c’est a partir d’elle que je me suis construite.