L’AMOUR AU FOND DES LARMES

C'est le nom que j'ai donné à un recueil de poèmes, poèmes que je commence à mettre en ligne dans la rubrique "poèmes personnels".

L'infidélité.

Je n'avais jamais écrit de poèmes avant ceux-ci Je ne suis pas poète, juste amateur.

Je ne les ai pas écrit dans un but de publication, juste pour laisser sortir la souffrance et les douleurs que j'avais au fond du cœur à cette époque.

Quand j'ai décidé d'écrire ce blog, je l'ai fait dans le but d'écrire les différentes étapes de ma vie. Je me rends compte qu'il est plus facile pour moi d'écrire les mauvais moments que j'ai vécu, ceux qui m'ont aussi permis de grandir, de progresser.

Je vais donc relater ici, la souffrance la plus grande que j'ai pu vivre.

Dans la vie on éprouve du chagrin, de la colère, de la haine, de la tristesse, etc.

Mais il y a un épisode de ma vie où j'ai ressenti toutes ses émotions en même temps.

Je sentais alors mon corps se disloquer par tant de souffrance. Tant de sentiments douloureux avaient envahi mon âme, que je ne savais plus ni qui j'étais, ni où j'allais dans ma vie. Pourtant je sais que c'est grâce à un optimisme bien ancré en moi, que j'ai pu m'en sortir. Tous mes poèmes parlent de mes ressentis, mais ils ont aussi tous une note d'espoir. J'étais incapable de laisser se terminer un poème sans cette note d'espérance. J'ai toujours cru que les mauvaises passes de la vie ne pouvaient être sans fin. J'ai eu raison d'y croire, parce qu'aujourd'hui, je suis sereine. Je regarde mon passé sans souffrir. Bien sur je n'ai rien oublié, mais les souvenirs douloureux sont à présent des souvenirs "neutres".

Les images de mon passé n'ont plus d'impact sur moi. J'ai digéré mes douleurs. Je sais apprécier les petits instants de bonheur que j'ai à ma porté.

Je souhaite à tous ceux ou celles qui souffrent de s'en sortir comme je m'en suis sortie, mais pour cela il faut y croire, ne jamais baisser les bras.

Cette immense souffrance que j'ai ressentie a été provoquée par l'infidélité de mon ex mari, Jean-Jacques (JJ).

J'avais déjà vécu la douleur de l'infidélité auparavant et celle-ci avait été le couperet de mon premier mariage. Cependant cette première expérience de la trahison n'avait rien à voir avec la seconde. Dans mon premier mariage, notre mode de vie avec mon premier mari, Michel et moi-même, nous dirigeait vers cet épisode. Nous étions jeunes, et sans doute pas assez murs pour nous rendre compte que nos actes pourraient avoir un impact sur notre couple. Michel m'avait alors annoncé son infidélité, et c'est plus sa façon de détruire mon ego qui m'a affecté, que l'infidélité en soi.

Quand JJ m'a avoué ses écarts, les choses étaient très différentes.

Je peux dire que nos étions un couple modèle. Rien dans notre couple n'aurait pu laisser prévoir que cela arriverait. Je sais pas mal de personnes diront que c'est faux, qu'il y a toujours une raison, et que sans doute je ne me remets pas en cause, que je ne veux pas prendre ma part de responsabilité dans ce qui est arrivé. Je réponds non. J'ai creusé au plus profond de moi pour savoir comment j'aurai pu éviter que cela arrive. J'en suis arrivée à la conclusion que je n'aurai rien pu faire. Cela ne dépendait pas de moi.

Nous nous étions connu JJ et moi, vingt ans auparavant, en Amérique centrale. A l'époque nous étions amis, de bons amis. JJ était ce qu'on appelle, un coureur de jupon. Il était marié, mais ne se disait pas heureux dans son couple. Il courtisait toutes les femmes qui croisaient sont chemin. Son physique n'était pas celui d'un prince charmant, mais son approche était chaleureuse, il savait écouter, parler aux femmes. Il était capable d'en avoir deux ou trois différentes dans la semaine. Moi à cette époque j'étais institutrice, et son fils de deux ans et demi était dans ma classe. Nous avions noué une relation amicale, puis au fil du temps nous sommes devenus amants pour quelques temps. Par la suite il a du rentré en France, je suis restée en Amérique centrale et nous ne nous sommes plus revus.

Deux ans plus tard, je retrouvais son adresse et profitais du nouvel an pour lui envoyer mes vœux. Il me répondit par une lettre de déclaration d'amour, disant que j'étais la femme de sa vie et qu'il ne m'avait jamais oublié. Il souhaitait me revoir. Nous avons échangé des courriers pendant cinq mois, puis il est venu me voir. Il était amoureux, son mariage était en pleine révolution et le divorce s'annonçait. Nous sommes donc ressorti ensemble et trois mois plus tard je m'installais en France, près de lui, mais dans ma propre maison.

Pendant un an nous avons vécu proches, mais séparés. Par la suite nous avons décidé de vivre sous le même toit et nous nous sommes mariés deux ans plus tard. A cette époque ma fille avait douze ans, et son fils sept ans.

Les débuts ont été difficiles, comme dans tout nouveau couple. Nos façons de vivre devaient s'ajuster. Nous avons eu des hauts et des bas, mais nous étions bien ensemble.

Nous vivions sur la côte d'azur et nous avions acheté une superbe maison avec vue sur la baie de Cannes. JJ avait une excellente profession et nous ne manquions de rien.

J'avais moi-même à l'époque acheté un institut de beauté, et j'étais heureuse.

Le principal problème que nous rencontrions était au sujet de son fils. Non ce n'était pas son fils qui créait les problèmes, mais plutôt la maman de celui-ci. Elle avait une belle carrière professionnelle et négligeait son fils. Les soucis de JJ à ce propos nous affectaient beaucoup et le sentiment de culpabilité qu'il avait envers son ex, le freinait dans la prise de décisions qui auraient été salutaire pour son fils.

Le temps a passé, et nous sommes partis en Floride pour nous y installer. Son fils est alors venu vivre avec nous, il avait treize ans, ma fille dix huit. Nous étions mariés depuis trois ans, mais ensemble depuis six ans, c'était en 1992.

Nous habitions près de Miami, nous étions tous les quatre heureux, mais notre projet n'était pas de rester en Floride, nous envisagions de vivre en Amérique centrale, dans le pays ou nous nous étions connus. Nous avons déménagé cinq ans plus tard. Dans le pays que nous aimions tous les deux.

Pendant que nous étions en Floride nous travaillions ensemble, nous exportions des produits de beauté dans toutes l'Amérique centrale ce qui nous faisait voyager souvent ensemble et nous étions très heureux. Les enfants savaient se débrouiller seuls et nous vivions à la fois un couple et une famille en toute harmonie. En 1995, nos affaires allaient mal, ce qui précipitait notre déménagement vers l'Amerique centrale. La première année de notre installation JJ n'avait pas de travail, nous avions fait faillite et comme j'avais profité de notre séjour aux USA pour étudier la psychologie, c'est moi qui ouvris mon cabinet en arrivant en Amérique centrale, pendant que JJ cherchait un travail.

Il créa une entreprise qui fonctionna bien par la suite.

Ce furent cinq années de bonheur, de construction de nouvelles choses, et nous décidâmes alors d'acheter une maison sur une île proche de la capitale. Une île paradisiaque.

L'île étant très petite, nous avons mis pas mal de temps pour trouver notre maison. Pendant deux ans nous allions tous les week-end à la recherche de celle-ci sur l'île. Nous en profitions pour avoir des week-ends de rêves, nous étions très amoureux et avions beaucoup d'amis. Tout allait pour le mieux. Nous avons trouvé notre maison en l'an 2000. Elle était vielle, sale, il y avait beaucoup de travaux à faire. J'adore faire les remodelage et je me chargeais donc de m'y mettre. Ce travail me demandait de rester parfois deux ou trois jours absente de chez nous, pour pouvoir surveiller les travaux de notre nouvelle maison.

En même temps, l'entreprise de JJ à souffert du changement de gouvernement, et il du se résoudre à la fermer. Par chance aussitôt il trouva un autre Job, avec un architecte français qui était venu s'installer ici. Nous étions à l'abri des problèmes économiques, mais JJ vivait mal son échec professionnel.

Il commençait à boire, parfois il était agressif, verbalement, envers moi. J'essayais de l'épauler du mieux que je pouvais, mais je n'y parvenais pas. Cependant notre couple continuait à bien aller. Je comprenais qu'il vivait une mauvaise période, et je faisais tout pour le soulager de ses idées négatives. Notre sexualité était toujours très satisfaisante. Je le chouchoutais au mieux, et ma formation de psychologue me permettait de mieux le comprendre. Lui, je pense qu'il ne voulait rien entendre, il suivait son chemin, inconscient de la destination où celui-ci allait le mener, nous mener.

Je lui demandais souvent s'il n'y avait pas autre chose qui le chagrinait, je pensais à la crise du milieur de vie, dont beaucoup de personnes souffrent. Il répondait systématiquement que non, seul son travail le préoccupait et qu'il vivait difficilement le fait de ne plus être patron.

Pourtant de jour en jour je le voyais aller mal, il buvait de plus en plus.

Par la suite il "travaillait" plus tard, était plus souvent absent. Je m'inquiétais de plus en plus et je commençait alors à le questionner sur cette crise de vie, je lui demandais s'il ne se sentait pas trop vieux et s'il n'éprouvait pas un besoin de séduire réprimé par le fait d'être marié avec moi. Il jurait par tous les dieux que non, il m'adorait et j'étais la femme de sa vie. Pour rien au monde il ne regarderait une autre femme que moi. Ses réponses ne me satisfaisaient qu'à moitié. Je l'observais.

Un jour par inadvertance il me tendit son téléphone portable pour que je lui règle sa sonnerie. Il n'a jamais été très doué pour programmer ou configurer les appareils électroniques. Pendant que je cherchais comment fonctionnait son téléphone, je tombais sur son registre d'appels. Un numéro apparaissait trop souvent, je lui en fis la remarque et je le vis gêné dans sa réponse. J'ai compris à ce moment là qu'il y avait quelqu'un d'autre.

Je commençais à lui faire part de mes soupçons, il niait, et se montrait toujours aussi amoureux. J'étais confondu, je ne savais que penser. Trois mois plus tard, je lui demandais de me donner sa facture de téléphone, et là, j'ai découvert qu'il avait donné 189 appels en un mois, à la même femme, et il y en avait aussi trois autres avec lesquelles il parlait souvent. Il nia encore, me disant que ce n'était que des amies, et qu'il ne m'en avait pas parlé pour que je ne m'inquiète pas. Il alla jusqu'à jurer sur la tête de son fils que rien ne c'était passé avec aucune.

Pourtant trois jours plus tard il avouait tout.

Je m'écroulais, le ciel me tombait sur la tête, la terre se dérobait sous mes pieds. Je me laissais glisser le long du mur sur lequel j'étais appuyée, et je fondis en larmes.

Lui était là, me regardait, ne savait plus que faire. J'avais devant moi un enfant, un homme qui voyait avec moi l'ampleur du dégât qu'il venait de faire. Il pleurait aussi. Quelques minutes plus tard, je refusais que notre couple se détruise, j'allais commencer ma longue lutte pour éviter le pire. Cette lutte a duré presque trois ans, mais je n'ai rien pu faire. Il avait pris un autre chemin et malgré sa "volonté apparente" de reconstruire ce qui avait été détruit, il n'y parvint pas et m'entraîna avec lui dans le labyrinthe des douleurs et de l'angoisse.