Dans ce texte quelques mots sont  en gras. Ils correspondent aux poèmes que j'avais écrits alors et que je mets en ligne aujourd'hui.
Ces poèmes bien sur, ont un rapport direct avec ce vécu.

Vivre une infidélité est un événement bouleversant. pour moi c'était une véritable meurtrissure,  insupportable. C'est une douleur cruelle, qui nous mène à nous remettre en cause, quand je dis nous c'est autant soi même que l'autre ou le couple. On a l'impression qu'on ne pourra jamais surmonter sa peine. Notre vie est ébranlée, Notre quotidien est bouleversé, On est anéanti physiquement et mentalement par la douleur, On va devoir passer par un douloureux travail intérieur. Réflexions sur soi et sur l'autre. Il y aura un avant et un après, parce que rien ne sera plus pareil.
Celui qui vit une infidélité passe successivement différentes phases, comme pour l'annonce d'une mort il y a d'abord le choc. Suite au choc, une foule de questions surgissent.
On se demande comment cela a pu arriver. Pourquoi c'est arrivé, quels ont été les éléments déclencheurs. A l'époque je restais parfois deux ou trois jours absente de la maison, parce que je m'occupais de remettre en état une autre maison que nous avions acheté. je me sentais donc à postériori coupable de ne pas avoir été près de lui à chaque instants. j'essayais de refaire l'histoire dans ma tête. Suis-je en cause ? Pourquoi a- t-il agit de la sorte. Et puis le plus difficile à supporter c'est que trop souvent il y a eut mensonge. Je me suis sentie trahie, bafouée, trompée, c'est le mot juste. Je me suis aussi sentie salie.
L'introduction d'une tierce personne dans notre intimité avait pour effet, de ne plus me sentir en sécurité. Je perdais tous mes repères. La confiance en l'autre disparaît d'un seul coup.
L'infidélité à beau être avouée par l'autre, cela ne lui enlève pas son pouvoir destructeur.
Le pire pour moi c'est que je n'arrivais pas à trouver ce que j'avais fait de mal. S'il m'avait dit que ma conduite l'avait mené sur ce chemin je pense que j'aurai accepté cela comme une conséquence de mes incapacités à être une bonne épouse. Ce n'était pas le cas. Je lui posais sans cesse la question : qu'ai-je fait ou pas fait, pour que tu en arrives là.
La réponse était toujours la même : - rien, tu n'y es absolument pour rien, tu es merveilleuse.
Comment comprendre alors que si l'autre nous dit être merveilleuse, il est envie de voir ailleurs.
C'est ce paradoxe qui m'a bouleversé pendant de longs mois. Je voulais comprendre. Comprendre quoi ? Parce que finalement il n'y a rien à comprendre. L'autre a décidé de faire quelque chose, c'est sa décision, on n'y peut rien.
Ce qui fut extrêmement douloureux dans mon cas c'est que mon ex me répétait souvent qu'il n'y croyait pas lui-même, qu'il n'arrivait pas à savoir comment il en était arrivé là.
Il me disait : c'est comme si c'était un autre moi qui avait agit. Bien sur je cherchais à vouloir le comprendre, le pardonner, l'excuser.
Je savais qu'il allait mal depuis quelques mois, et depuis tout ce temps je m'étais approché de lui mille fois pour essayer de l'aider. La réponse était toujours la même : je suis mal dans ma vie professionnelle, rien a voir avec notre couple.
Les premiers temps j'avais très mal malgré ma douleur presque insoutenable, je pensais surtout à vouloir l'aider, lui. Alors que j'avais moi aussi grandement besoin d'aide, je me disais que si lui se sentais bien, je me sentirai bien aussi.
Commença alors une période où je cherchais à "retrouver" mon mari et me retrouver moi même. C’est une période angoissante, car on a peur. On ne reconnaît plus les traits de son visage, son regard, ses mimiques, ... On se sent dépossédé de cet amour. J'avais peur également de moi, de mes émotions, de mes réactions, de mes doutes, de mon avenir, et de notre l’avenir comme couple. C’est une période de grande vulnérabilité, j'avais un grand besoin de compréhension, et d’amour. Un besoin de confiance et de stabilité, bref tout ce que je n'avais plus, ce que je venais de perdre et c'est tout ce dont on a le plus besoin à ce moment là
Bien sur je passais plusieurs heures à pleurer chaque jour. Ce n'était pas volontaire, mes larmes venaient spontanément à mes yeux et je me vidais de mon eau. On dit que les larmes lavent l'âme, et bien je peux vous dire que la mienne a été plus que lavée.
Nous avions tous les jours des conversations interminables. j'avais dans la tête mille images. Je posais mille questions :
Comment l'as-tu connu, où, quand ?...
Est elle belle ? Était ce bien ? Mieux qu'avec moi….
Bien entendu je n'avais que des réponses auxquelles je ne croyais pas. Il avait beau me dire qu'elle n'était pas aussi jolie que moi, que ce n'était pas aussi bien qu'avec moi, qu'il ne l'aimait pas.
Bref tous ce qui aurait du me rassurer, je n'en croyais pas un mot. Mon imagination me peignait un autre tableau. Mon ego était blessé à mort. Ayant passé la quarantaine. Dans mon mirroir,je me voyais vieille, laide, finie. Il n'y avait plus aucun espoir de me sentir séduisante. De plus, ma "rivale" ayant vingt ans de moins que moi, je sentais que je ne faisais plus le poids. En parlant de poids je dois dire que je ne suis pas bien épaisse et malgré tout j'ai perdu six kilos en un mois. Il ne me restait plus qu'à perdre…un os.

Ce qui me déstabilise souvent c'est que je faisais mon possible pour que nous avancions ensemble, que je voulais surmonter mon angoisse, douleur, l'oublier, et je voulais l'aider. Souvent j'avais la sensation que les choses allaient mieux. Je me trompais sans cesse, parce que à chaque fois que je reprenais un peu confiance, son attitude changeait. Il paraissait amoureux et soudain il redevenait agressif. Il m'envoyait plusieurs mails d'amour par jour, et le soir parfois il était dur, amer. Je ne comprenais absolument pas son attitude.

Pendant au moins six mois j'ai vécu ce yoyo. Je n'en pouvais plus. Je ne savais plus vers qui me tourner pour atténuer mes souffrances et éclairer mes incertitudes. Dans ses moments là vos proches ne comprennent pas toujours ce que vous ressentez. Je me suis alors connectée sur un forum de psychologie. Il est nécessaire d'exprimer ses émotions, son chagrin et son désarroi, les garder pour soi est un poids trop lourd à porter. Là j'y ai rencontré beaucoup de femmes vivant la même chose que moi, et j'ai commencé a me sentir moins seule. Je partageais ma douleur, et essayais d'aider les autres aussi. J'y ai rencontré aussi des hommes, en période de crise. Ceux qui avaient des désirs envers d'autres femmes que la leur. J'ai beaucoup échangé avec eux aussi pour comprendre ce qui leur passait par la tête. Tous avaient le même discours, ils avait un désir envers quelqu'un ils en étaient conscient et ils savaient les conséquences que cela pouvait engendrer.
Ce qui me perturbait beaucoup c'est que mon mari me disait tout à fait l'inverse. Il n'avait jamais eut conscience de ce qui allait arriver, et il n'avait jamais pensé aux conséquences, puisque il ne voulait pas faire, ce qu'il a finalement fait. Il disait se sentir coupable, mais comme s'il était coupable de quelque chose qu'il n'avait pas fait. Pour moi qui n'avait rien fait la culpabilité me rongeait je sentais culpabilité de ne pas avoir fait ce qu’il fallait, de ne pas avoir été plus présente, de n’avoir pas su ce qu’il fallait dire,de ne pas avoir su ou pu montrer son amour suffisamment. Je ne pouvais pas accepter qu'un homme puisse avoir une relation sexuelle avec une femme sans y avoir pensé ni même une minute avant de la faire, et qu'il ne se pose aucune question après l'avoir fait. Ça me paraissait fou, et je n'y croyais pas. Il me disait qu'il n'avait jamais éprouvé aucune culpabilité après l'avoir fait, puisque pour lui ce moment qu'il venait de vivre n'avait pas existé. C'était un autre lui qui avait agit. J'ai beau être tolérante, compréhensive, je ne parvenais pas à me convaincre de cela.
Un jour sur ce même forum j'ai échangé avec une femme dont l'histoire était identique à la mienne, son mari lui disait la même chose. Nous nous interrogions elle et moi sur le fait que, comment est ce possible qu'il couche avec u ne fille sans en avoir conscience. Bon on peut mettre cela sur le compte d'une soirée "particulière", mais les fois suivantes ? Que ce passait-il dans leur tête ? Et puis il y avait cet après, comment n'y pensaient-ils pas après. Comment en rentrant à la maison pouvaient-ils nous regarder dans les yeux, nous dirent des je t'aime, et ne pas se sentir mal. Où était leur conscience ? Bref à part ces échanges entre femmes qui ne vivaient pas la même histoire que moi, mais la même douleur, cette femme qui avait vécu la même histoire mais qui ne comprenait pas plus que moi, et les hommes qui eux avaient conscience de leur désir, je n'étais pas plus satisfaite, je n'avais pas les réponses que j'attendais.(J'ai gardé contact avec certains d'entre eux, sont devenus des amis, dont un est mon nouvel amour. J'en parlerai une autre fois).

Après un an de bataille, de hauts et de bas toujours plus bas, j'étais détruite. Je ne pouvais plus me regarder dans un miroir, je n'existais plus. Les émotions m'avaient rongées. L'angoisse, la tristesse, la colère, la haine, elles avaient eut un effet dévastateur sur moi. J'avais une sensibilité accrue à tous les détails, les souvenirs évocateurs provoquaient des crises de larmes. Je suis passé par des moments ou j'étais dans le néant, d'autre ou je reprenais espoir. J'avais l'impression de marcher dans le désert.

Un beau jour je suis parti avec un ami de longue date chez ma fille à Miami. Ce soir là cet ami m'a traîné en boite de nuit, pour que je me divertisse une soirée. Ma fille et mon gendre étaient avec nous. Au son de la musique latine, je me suis laissé aller à danser. Lorsqu'un bel américain d'origine portoricaine vint m'inviter. Ce fut un moment inattendu pour moi J'ai du danser deux heures avec lui. Il était super sympathique et nous riions comme des ados, il me prenait dans ses bras et me soulevait comme une plume. Je suis ressorti de cette boite de nuit transformée. Je me sentais jeune, belle, en vie. En remerciement j' ai écrit un poème à ce bel inconu, qu'il ne lira jamais puisque nous n'avons même pas échangé nos prénoms. j'ai grâce à lui vécu un petit moment de délire et d'espoir.

De retour chez moi, j'ai dit à mon mari que j'allais bien, que je voulais tirer un trait sur le passé et que je ne désirais plus que nous parlions de "histoire". Il était ravi, et moi aussi. Nous passâmes quelques semaines de rêves. C'était trop beau pour que ça dure. Son agressivité verbale refit surface, et les hauts et les bas recommencèrent.

Je ne sais pas à quel moment j'ai eu soudain face à moi la révélation de ce qui empêchait que les choses s'arrangent. Mais je l'ai eu. L'alcool. Je me suis mise à constater qu'il buvait trop, de plus en plus. Il buvait depuis longtemps, mais je n'avais pas noté les effets que ça lui procurait. Je n'avais jamais fait le rapprochement entre son agressivité et le fait qu'il avait bu un peu plus que de coutume. Me revoilà donc parti dans une autre bataille, celle de l'aider à s'en sortir. Il s'enfonçait dans l'alcoolisme et moi je m'enfonçais avec lui. Ce venin nous anéantissait.

Quelques mois plus tard, après quatorze mois de bataille acharnée, je fis un voyage en France. J'allais y rencontré mes amis du forum, et… mon nouvel amour. A mon retour, j'aurai voulu essayer tout de même de continuer à me battre pour mon couple. L'espoir qu'avait fait naître cette nouvelle rencontre et la conscience que mon mari ne voulait pas se soigner, me firent prendre la décision de me séparer de lui, pour me reconstruire et reconstruire ma vie. L'histoire ne se termine pas ici. Mon mari voyant que je m'éloignais de lui, sentant qu'il me perdait, se mit à m'écrire. Les courriers étaient tous sur le thème de sa culpabilité, sur son amour, sur le pardon, sur ses repentis. Je souffrais me sentant partager entre l'envie de l'aider et le désir de revivre enfin. Nos courriers ont continués quelques mois. Puis il est venu me voir en France. A son retour il était encore dans les bras d'une autre, tout en me promettant l'amour et la fidélité éternelle. Comment aurai-je pu y croire une seconde. Il m'écrivait des mots d'amour, me jurer que j'étais la femme de sa vie, et en même temps il devait dire ces mêmes mots à une autre. J'ai continué a suivre le chemin de mon cœur, celui qui me dictait que mon nouvel amour était un homme pur, vrai, sincère, et franc.

J'ai bien fait. J'ai mis du temps pour me sentir plus forte, plus sure, plus en confiance, mais j'y ai cru, toujours, et jamais je n'ai hésité à faire confiance à cet homme qui partage ma vie aujourd'hui. Je me sens en confiance avec lui parce que je le connais mieux que quiconque. Aujourd'hui nous avons des projets et nous redonnons un sens à nos vies. Comme je l'ai dit je l'avais connu par se forum, et nous avons échangés des centaines de mails sans jamais chercher à nous séduire. Nous nous épaulions et nous ne cachions rien de nous. La séduction est venue plus tard. Je crois que si je n'avais pas rencontré cet homme dans de telles circonstances, j'aurai mis des années avant de croire encore en l'amour, en la sincérité des hommes.

Heureusement je ne suis pas tombée dans cet état d'esprit. Alors je dis toujours et je me répète, il faut croire en la vie. j'ai encore beaucoup de choses à dire, beaucoup de poèmes  à mettre en ligne, ce sera pour les jours qui suivent.