Un échange avec un autre blogueur m'a conduite à avoir l'idée de mettre ce texte en ligne.

J'ai tellement vécu l'amour, et ses déboires mais aussi ses joies que cet écahnge m'a donné l'envie de mettre ce texte en ligne c'est un sujet sur lequel je pourrais parler des heures. J'espère que la lecture sera enrichissante pour certains d'entre vous.

Deux personnes se connaissent et peu à peu deviennent amoureux l'un de l'autre.

"L'amour est un mouvement affectif vers un être qui nous procure une satisfaction On peut même éprouver de l'amour lorsqu'on n'a encore que l'espoir d'une satisfaction, un potentiel de bonheur. "

  • Que cherche chacun des deux ?

L'amour est une expérience émotive complexe qui comprend plusieurs émotions. C'est peut-être même la plus complexe de toutes les expériences émotives. On y retrouve souvent, par exemple, de la joie, de l'attrait ou du désir, de la tendresse, de l'estime, de l'attachement, etc.

  • Que lui apporte la relation ?

Ce qui demeure constant dans les différentes expériences d'amour, c'est le bien être ou le bonheur que nous procure l'être aimé. Plus précisément, nous considérons comme "bons pour nous" les êtres et les réalités qui suscitent notre amour. C'est parce que nous les percevons, plus ou moins explicitement, comme aptes à répondre nos besoins. Qu'ils y répondent déjà ou qu'ils soient porteurs d'une promesse de satisfaction, ils demeurent, subjectivement, une source de bonheur.

  • Quel genre d'amour naît dans chacun d'eux ?

Les amours fortes et profondes sont empreintes d'estime. Elles ont sur nous un effet d'élévation. Les personnes qui l'inspirent ont un effet stimulant; à leur contact, nous sommes portés à être de meilleures personnes, à exploiter davantage nos ressources, à nous dépasser.

Parfois on confond l'amour en imagination avec un amour réel. L'expérience subjective de l'adolescente amoureuse du chanteur ressemble à l'amour par les émotions qui en font partie et par leur intensité, mais il manque un ingrédient essentiel : le contact réel avec l'être aimé. La satisfaction éprouvée est déclenchée par les fantasmes uniquement. Comme simulation pour découvrir l'expérience amoureuse, il s'agit d'une méthode extrêmement utile et d'un bon apprivoisement de l'intensité affective.

L'amour romantique est une autre expérience qu'il faut distinguer de l'amour réel. Dans cette forme de relation, l'important est le plaisir d'être aimé et non l'amour de l'autre pour ce qu'il est. Ex : Je me délecte de son penchant pour moi et des les avantages qu'il me procure : marques d'attention, réactions fortes à ma présence, sentiment d'être désirée, etc... C'est l'effet de son regard sur moi qui me satisfait et non le contact réciproque. Que l'homme ou la femme en soit l'objet, c'est le regard admiratif de l'autre qui constitue l'essentiel de la relation.

       À quoi sert l'amour ?

L'amour est un indicateur de besoins. Il révèle parfois la présence de besoins cruciaux, d'autres fois celle de besoins moins urgents comme des aspirations. Il révèle aussi qu'on croit, à tort ou à raison, trouver auprès de l'être aimé la satisfaction de ces besoins.

  • L'amitié, l'amour, l'amour passion sont des variations sur le même continuum.

Ils expriment, comme les autres formes d'amour, la valeur nourricière de l'objet pour nous. Ce que ces deux objets d'amour ont en commun, c'est la capacité de remplir un grand besoin et la manière agréable par laquelle ils le remplissent.

Ainsi, ma passion pour un être est déclenchée par l'intense agrément de nos contacts physiques et sexuels. Elle est sous-tendue par mon intense besoin d'être aimée de même celui de confirmer ma valeur comme homme, ou femme, en faisant un effet puissant sur un être qui me plaît. De même, mon immense amour pour cette personne repose sur le bien-être inégalé que j'éprouve en sa présence. En sa présence j'ose être moi est pour moi plus précieux que quoi que ce soit d'autre.


L'amour d'un être potentiellement nourrissant

Le besoin d'être reconnu comme être sexué et le besoin de contacts physiques de l'adolescent sont forts et même envahissants. Ce dernier est prêt à jeter son dévolu sur le premier inconnu qui, à première vue, présente des caractéristiques qui laissent croire qu'il pourrait combler ces besoins. Il est beau donc attirant, fort donc capable d'avoir un ascendant sur moi, sûr de lui donc pouvant être affirmatif et rassurant, etc...

On peut aussi aborder alors la déception amoureuse   

  • Qu'est-ce que la déception ?

La déception n'est pas une émotion. La déception indique mon insatisfaction et comme cette dernière, elle ne contient pas sentiment en elle-même. Elle se distingue de la simple insatisfaction par le fait qu'elle indique non seulement que je suis insatisfait, mais encore qu'il y a un écart entre les attentes que j'avais et ce qui s'est réellement passé.

La déception, comme l'insatisfaction, est toujours accompagnée d'émotion. Je suis déçu avec un sentiment de "tristesse".


  • À quoi sert la déception ?

Il n'y a pas de déception sans attentes préalables, que celles-ci soient explicites ou non. C'est l'écart entre mon attente et ce que je vis en réalité qui produit ma déception. La déception permet donc, d'identifier mes attentes et des détails sur celle-ci. Le fait de préciser mes attentes peut être une première étape pour identifier plus clairement mes besoins. Cela peut aussi permettre de préciser dans quelle mesure j'en porte vraiment la responsabilité et combien je la fais porter à d'autres. Les émotions liées à la déception sont d'un grand secours et c'est pour cela qu'il est utile de les ressentir.

La nostalgie des moments passés, le sentiment que laisse la rupture.

  • Qu'est-ce que la nostalgie ?

La nostalgie c'est de la tristesse. Cette tristesse a trois caractéristiques. D'abord son intensité est peu élevée. Ensuite c'est une tristesse reliée à une situation de vie qui était, satisfaisante à plusieurs égards. Enfin, elle est déclenchée par des situations ou des gestes précis dont on a un souvenir satisfaisant.

  • À quoi sert la nostalgie ?

Comme la tristesse, la nostalgie indique un manque au plan affectif. Il ne s'agit pas d'un manque intense ni de toute première importance, mais néanmoins de besoins en souffrance. Avoir la nostalgie, c'est éprouver un manque par rapport un certains nombres de choses qui étaient bonnes à vivre, par l'absence d'un certain nombre, de contacts, ou de manières de vivre qui s'avéraient vivifiants. La vue des photographies, me fait constater l'absence d'une nourriture affective dont j'ai encore besoin.

Ou encore la frustration.

  • La frustration qu'est-ce que c'est ?

La frustration est une pseudo émotion. C'est un état, tout comme l'insatisfaction en est un. Contrairement à cette dernière qui est relativement neutre (bien qu'elle génère des émotions), la frustration est toujours vécue avec une attitude de protestation. Il y a en effet dans la frustration, une impression d'injustice, celle d'être privé de quelque chose qu'on aurait dû avoir ou encore de vivre quelque chose qu'on ne devrait pas vivre.

La frustration provoque différentes émotions secondaires. Le plus souvent, elle engendre mécontentement, colère, jalousie, tristesse...

Vivre à répétition des situations sur le mode de la frustration nous amène dans un état permanent de frustration. C'est ce qu'on met en évidence quand on dit de quelqu'un que c'est une personne "frustrée".

Le fait de vivre ses insatisfactions habituellement sur le mode de la frustration est le signe d'un problème. En effet, cette forme de réaction ne débouche jamais sur une solution satisfaisante.

Il est possible qu'une personne soit trop passive par rapport à ses besoins. C'est généralement l'attitude adoptée par quelqu'un qui fait porter aux autres la responsabilité de sa satisfaction. Il est possible aussi qu'elle soit portée à conclure trop rapidement que les choses lui sont dues, indépendamment des circonstances particulières à la situation. À cause de ces aspects, la solution à ce type de frustration "permanente" est généralement plus longue à obtenir.

  • À quoi ça sert ?

L'état de frustration parle de lui-même : lorsque je suis dans cet état, je sais que je suis insatisfaite. Je sais également, qu'à mes yeux, je subis une injustice et que cela me révolte. Enfin, j'attribue la responsabilité de mon insatisfaction à un facteur que je considère "hors de mon contrôle".

Quelques réponses ou commentaires:

"En fait, qu'ont vraiment en commun l'état amoureux et l'amour ? Sont-ils si proches qu'on pourrait le croire ?"

L'état amoureux n'a rien à voir avec l'amour.

Au début d'une relation c'est le désir de l'autre qui l'emporte, c'est l'espoir de trouver du plaisir avec cet autre qui nous pousse à la rencontre, puis au partage. Cet élan est dicté par la recherche d'une satisfaction personnelle. En fait le désir de l'autre c'est le désir d'être désiré.

Ensuite si l'échange est satisfaisant, on cherche à le renouveler et si tout ce passe bien alors l'amour peut naître. On approfondi dans la connaissance de l'autre et la satisfaction de voir des similitudes de goût, de pensées, de ressentis, amplifie le besoin de rencontre.

Ce besoin de fusion nous l'avons tous, il est inscrit dans nos gènes. Il ne faut pas miser sur la "fusion" dès les premiers instants, elle peut naître avec le temps, mais dans les premiers échanges ce n'est qu'une fusion bien limité qu'on obtient, puisque elle est basée sur le plaisir, (pas seulement physique) mais aussi le plaisir de la découverte.

L'amour libre comme tu en parles, existe que très rarement, parce qu'on devient automatiquement "exclusif" quand le sentiment d'amour s'installe.

Exclusif du moins dans le rapport physique. Ou alors il faut être très libre pour accepter que celui ou celle qu'on aime peut passer des nuits dans les bras d'un autre. "Des moments de partage émotionnel, de confidences, entrecoupés de temps de liberté individuelle." Ça existe mais c'est plus rare.

"Aujourd'hui je crois que non seulement cette notion de confiance durable est une bombe à retardement, mais aussi que la recherche de sincérité maximale pourrait bien être une redoutable fausse piste "

Il peut exister cette confiance mutuelle et durable, ainsi que la sincérité absolu. Ce n'est pas forcement une bombe à retardement. Ce qu'il faut surtout savoir c'est que l'autre peut être sincère, mais qu'il peut aussi un jour vouloir voir d'autres horizons et terminer la relation. Cela n'enlève rien à ce qu'il a donné. C'est juste un choix différent à un moment donné.

L'état amoureux et l'amour ont en commun qu'ils peuvent s'éteindre. Et cela n'a rien à voir avec la sincérité ou la confiance donné pendant un temps. Il faut juste savoir que ce n'est pas éternel. L'amitié est certainement plus durable que l'amour, parce que ce sentiment touche moins de choses vulnérables. 

Je pense qu'on peut faire durer l'état amoureux. J'en suis convaincu puisque je l'ai vécu pendant de nombreuses années dans mon couple. C'est un travail de tous les jours, séduire, écouter, comprendre, donner prendre, c'est un véritable travail à plein temps qui se laisse souvent ronger par la vie quotidienne c'est là qu'il faut être très vigilant.

Pourtant malgré cette vigilance, l'autre peut changer de voie, et il faut comprendre que c'est sa liberté.

Je suis donc entièrement d'accords avec ce que tu dis ici "Il n'est aucunement garanti à longue durée de vie."

" Je ne sais pas de quelle façon je vais pouvoir maintenant "aimer" (désirer ?), alors que j'aspire toujours à la communion des esprits et à cette confiance qui fait qu'une forme d'abandon mutuel apparaît. Abandon des défenses, intimité offerte des émotions et des corps..."

Etre sur la défensive n'est pas la bonne solution. Je pense qu'il faut donner et savoir recevoir ce que donne l'autre, mais garder en tête que cela peut finir "demain". C'est comme la vie, elle a un temps limité, pourtant on vit souvent comme si on était immortels, ont fait des projets à long terme.


"J'ai envie d'aimer, mais au présent. J'ai envie de partage d'intimité, de désir, mais seulement parce que ce sera là à cet instant. Ne pas m'attacher. Ne plus m'attacher...
Il paraît qu'on dit tous ça après une déception amoureuse... et puis qu'on s'y laisse prendre encore."

Bien sur qu'on s'y laisse prendre, parce que le plaisir de la compagnie de l'autre procure une dépendance, c'est presque inévitable, et on s'attache malgré soi, même si on lutte contre ça. Sauf si on lutte depuis le début de la relation et qu'on rencontre l'autre avec une armure qui ne nous permet pas de recevoir ce qu'il donne. Mais juste de prendre ce dont on à besoin.

La c'est une attitude qui dépend plutôt d'une recherche de protection. On se protège de l'amour, et alors on quitte l'autre qu moment où on sent le danger de l'attachement. Est-ce la solution ?

Être adulte c'est être seul. Aimer en responsable c'est aimer "seul"... mutuellement. Aimer pour soi. Presque égoïstement. Et pourtant, aimer c'est aussi le don de soi. Oui, le don, mais au présent seulement. Je te donne maintenant parce que je t'aime maintenant. La notion de temps est indissociable de l'état amoureux.

Ici la conclusion est bonne, mais il ne faut pas oublier en pensant cela, que l'autre à la même liberté et peut aussi terminer la relation à un moment ou elle nous apporte encore bien des satisfactions. L'amour alors c'est de laisser à l'autre sa liberté et l'aimer libre dans son choix.


Certaines explications sont issues de lectures de la psychologie humaniste redpsy.