Il y a des souvenirs qu'on regarde comme des fleurs éclosent, ils sont les témoins de moments magiques qui parfois se mettent à nous faire du bien, un bonheur qui revient comme le printemps, alors renait cette euphorie, cette joie qui reste enfouie en nous.

Un petit évènement et voilà que ressurgissent les images, les mots entendus, les rires lancés et les sensations enchantées.

Me voilà depuis six jours auprès de celui qui a donné un autre souffle à ma vie. Six jours, en fait c'est comme cela que tout à commencé.

J'étais au fond du gouffre, au plus bas du plus bas, mais d'un caractère optimiste je me disais toujours que c'est en touchant le fond qu'on à juste un petit coup de pied à donner et qu'aussitôt on remonte un peu et pourquoi pas refaire surface tant qu'on y est.

Je m'étais approchée de ceux qui comme moi souffraient, au début pour trouver du réconfort, me sentir moins seule dans ma tristesse, sentir que cela n'arrivait pas qu'à moi. Peu à peu j'en ai oublié ma douleur, et je consolais les autres. Les autres, il était là parmi ces autres, je suis devenue sa conseillère, puis sa confidente, puis son amie, puis son amour. Pendant des mois nous nous sommes écrit nos peines, puis nos espoirs, puis nos envies, puis nos projets.

Ni lui ni moi n'osions croire qu'un bonheur était là à nous regarder et que les anges avaient choisis de nous rapprocher l'un de l'autre.

Des mois de correspondance à se dévoiler toujours un peu plus, jusqu'au jour où il devenait indispensable de nous rencontrer.

Nous habitions loin, très loin l'un de l'autre, trop loin, puis pas si loin que ça, puis seulement à quelques heures d'avion, puis tout près en fait, juste au-delà de l'arc en ciel, comme on disait.

C'est ainsi qu'un beau jour du mois de mai j'ai traversée cet arc en ciel pour rencontrer cet amour virtuel.

Nous avions déjà imaginé mille fois le scénario de mon arrivée à l'aéroport, je ferai ceci, tu feras cela, nous ne dirons rien, on se dira tout…

Soudain attrapant mes bagages sur le tapis roulant, je pris conscience qu'il n'y avait plus qu'une mince cloison qui nous séparait. Il était là derrière celle-ci et moi je n'avais qu'a emboiter le pas pour enfin le chercher dans la foule, chercher les traits que je connaissais de lui uniquement sur mon écran d'ordinateur. Il était là derrière cette cloison, en chair et en os, en vrai, en trois dimensions.

J'eu un temps d'arrêt, j'ai pris ma respiration et j'ai franchit la porte, cette porte qui allait me permettre les six plus beaux jours de ma vie, ce qui sont restés incrustés dans ma mémoire, dans ma chair, dans mes atomes. Ces six jours dont j'ai vécu chaque seconde, et dont je me souviens des moindres détails, même si depuis trois ans ont passées. J'avais souvent entendu dire qu'il fallait vivre l'instant présent, c'est ce que j'ai fait, ce que nous avons fait pendant six jours, donc 144 heures, 8640 minutes, 518400 secondes. Il me faudrait cent pages pour décrire chacune d'elles.

Le souvenir est intact, les sensations prêtent à renaitre à chaque instant, les émotions encore fraiches et intenses lorsque nous en parlons ensemble.

Nous avions convenu de ne pas parler du voyage, du froid qui pourrait me saisir en arrivant à paris, ou de n'importe quoi d'autre qui soit futile et inutile, nous ne devions parler que de nous.

C'est ce que nous avons fait, nous avons balayé l'inutile, pour nous consacrer qu'à l'essentiel. NOUS.

Deux regards qui se croisent, deux personnes qui se reconnaissent sans s'être jamais vues, deux corps qui se rapprochent sans s'être jamais touchés, deux être qui s'enlacent sans jamais s'être frôlés avant.

C'était un moment magique, où nos deux auras se sont envolées sur un nuage et n'en sont redescendues que six jours plus tard avec dans le cœur la certitude que l'autre serait désormais indispensable à sa vie.
Six jours à deux, seuls au monde, presque collés l'un à l'autre à chaque instant. Inouïe qu'en on y repense. Ne jamais s'être rencontrer et passer six jours sans se quitter une minute. Ne pas avoir besoin de souffler une seconde, comme si notre oxygène était fourni par l'autre. La magie ne s'arrêtait pas, nous en redemandions, nous n'arrivions pas à nous rassasier.

Pendant ses six jours nous étions devenus des siamois, un cordon d'amour nous reliait et il nous était impossible de le couper ni même de le tendre pour prendre une minute de distance.

Nous avions tous prévu. Les réservations d'hôtel étaient faites. Lui, avait réservé les trois premiers jours. Je découvrais alors mieux ses goûts, ses loisirs, ses envies, et j'avais réservé les trois suivants, afin qu'il me connaisse mieux à travers mes choix.

Les trois premiers jours j'allais de surprises en découvertes et chacune d'elle confirmait mon idée qu'il était merveilleux. Des centaines de kilomètres parcourus en voiture ou je caressais sa nuque pendant qu'il conduisait, des heures de voiture ou nous écoutions nos chansons dont nous avions parlé par mails. Des centaines de mots et de bisous échangés sans se lasser.

Les trois derniers jours il découvrait celle qu'il avait connue à distance, il s'imprégnait de celle dont il rêvait depuis quelques temps déjà. Ni lui ni moi n'étions déçu de ce que l'on découvrait de l'autre, nous avions la sensation de nous connaître depuis toujours.

Il est vrai aussi que déjà les trois derniers jours étaient par moment teintés de la peur de devoir nous séparer à la fin du séjour prévu.

Nous avons ri, mais aussi pleurer, de joie parfois et de tristesse anticipée aussi. En fait nous nous attardions à profiter du moment, à rejeter ce qui allait inéluctablement arriver.

Nous étions deux enfants heureux, deux adultes comblés.

Nous nous sommes séparés au bout de ce séjour le cœur en miette, la peur au ventre. Rien n'allait être simple, mais l'amour que nous avions l'un pour l'autre nous promettait que nous franchirions les montagnes, les océans, pour nous retrouver.

Nous avons dù lutter, nous battre contre la vie, nous acharner, nous l'avons fait, parfois difficilement, mais cet amour nous a porté, nous a donné la force, et nous sommes là encore aujourd'hui. Nos regards sont toujours aussi purs, rien n'a changé, l'amour s'est renforcé, le désir de vivre ensemble s'est affirmé, consolidé, nos rêves, nos projets nous portent toujours et encore. Nous sommes heureux, et parfois nous nous remémorons encore cette fabuleuse, merveilleuse, incroyable rencontre. Nos cœurs battent au même rythme.

Les souvenirs douloureux dont je parlais au début de le texte précédent ne sont là que pour nous rappeler combien nous sommes heureux aujourd'hui. Ils sont notre vie d'avant, avant notre rencontre, avant notre renaissance.