J'ai lu aujourd'hui la dernière entrée de Tristana, je me permets, sans son accords je l'avoue de le copier ici. Pourquoi ? Et bien elle pose des questions pertinentes, des questions que l'on se pose tous. Je vais ici tenter d'apporter des réponses à ces questions. En toute modestie…ayant étudié la psychologie humaniste*, Je vais m'attacher à développer ce sujet.

"Finalement,...

... l'amour peut-il survivre au quotidien sans que l'un des deux (au moins) s'y perde ?

Comment rester soi tout en étant attentif à la relation à l'autre ?

Comment ne pas tenter d'absorber / ne pas se laisser absorber par l'Autre ?

Sommes-nous faits pour vivre en couple ?

Pourquoi faut-il attendre d'expérimenter le manque pour donner toute sa valeur aux êtres ?

Et tant d'autres questions sans réponse"  Tristana.

Je ne répondrai pas aux questions dans l'ordre, mais je vais essayer d'expliquer comment arriver à avoir une relation vivante dans le couple, sans que ni l'un ni l'autre ne s'y perde.

Voici donc ma première entrée sur le sujet.

Les clefs d'une bonne relation de couple :

Deux individus à part entière

La relation leur sert à répondre à certains besoins affectifs ou physiques, mais chacun doit continuer de porter toute la responsabilité de ses besoins. Chacun porte ses besoins en ce sens qu’il prend lui-même l’initiative nécessaire pour obtenir satisfaction (demander et ne pas attendre que l'autre devine) Cette responsabilité implique nécessairement qu’on assume un risque : celui de ne pas toujours recevoir de la part de l'autre la réponse souhaitée.

La relation de couple est toujours en évolution

La relation entre deux personnes est en mouvement continuel. Non seulement elle se transforme avec le temps, mais d’un moment à l’autre le vécu de chacun et le rapport entre les deux personnes se modifie sans cesse. La relation s’apparente donc au vécu émotionnel de chaque personne qui, lui aussi, est en mouvement continuel. Nous voyons donc, dans la relation, deux individus dont l’expérience émotionnelle et les besoins affectifs sont en mouvement constant et, par conséquent, une relation qui est en changement continuel.

La relation se transforme continuellement, mais c’est seulement à certaines conditions que ce changement se fait dans le sens d’un épanouissement. Une des conditions les plus importantes de cette croissance c’est que chaque partenaire consente à l’existence de ses besoins psychiques et affectifs ainsi qu’à la nécessité d’agir pour les satisfaire (comme nous le faisons pour nos besoins d’ordre physique). Sans ce consentement fondamental, on assiste à une répétition du vécu qui se traduit la plupart du temps par la reprise fréquente des mêmes scénarios relationnels et des mêmes comportements stériles.

L’amour n’est pas un contrat mais une expérience vivante ! L'engagement mutuel de vivre en couple par contre, en est généralement un : il tend à assurer la sécurité qu’on considère comme la «gardienne» d’un amour durable. C’est sur ce sentiment de "on sera toujours ensemble" que deux individus peuvent rester dans une relation sans qu’elle soit «nourrissante».

Pour y parvenir, chacun doit demeurer vivant à la fois par lui-même et dans la relation.

Il s’agit de rester vivant et de laisser la relation se développer en conséquence.

Il s’agit de vivre sans tenter de contrôler la trajectoire de la relation en usant d’artifices. (Ça ne va pas du tout, mais pour éviter le conflit, je fais comme si tout allait bien)

Il s’agit aussi de vivre sans tenter de figer les bons moments. (Nous sommes particulièrement heureux ensemble en ce moment, donc je demeure immobile et n’exprime rien qui puisse introduire quelque changement.) Et voilà qu'on engendre la routine. 

De même, ignorer les mauvais passes c’est aussi faire obstacle au déroulement naturel de la relation. (Ce n’est rien, ça va passer tout seul.) Car s’il y a un passage difficile, c’est qu’il y a un problème qui doit être réglé pour que la relation continue son cours sans demeurer «handicapée».

Il faut vivre la relation à deux sans chercher à l’enfermer dans des certitudes. «Je te promets de toujours t’aimer, de toujours être là.» Cette phrase même si elle est dite avec beaucoup de sincérité ne signifie pas je vivrai toujours à tes côtés

La meilleure manière de la favoriser la longévité du couple c’est de s’investir affectivement dans la relation sans se perdre soi même.

Comme dans les affaires, en amour il est important de viser l'investissement à long terme.

S’investir dans la relation c’est essentiellement rester soi même. Il ne faut pas l’oublier : une relation amoureuse réunit deux personnes distinctes. Chacun a sa personnalité propre, un passé particulier qui a contribué à le façonner, des besoins affectifs particuliers (même si, pour l’essentiel, ceux-ci se ressemblent d’un humain à l’autre), des besoins individuels qui émergent rarement en même temps que ceux de l’autre, des aspirations qui lui sont propres... une vie qui se déroule en-dehors de la vie à deux. En somme, plusieurs facteurs se combinent pour faire que la relation rencontre inévitablement des embûches à répétition.

L'erreur souvent commise : L’engagement qu’on tend souvent à exiger au seuil d’une relation de couple n’est pas la sorte d’engagement qui favorise la croissance et la vitalité du couple. Sans le vouloir, c’est plutôt la sclérose qu’on recherche en demandant l’assurance de l'amour toujours. Quel que soit le secteur de la vie, la recherche de sécurité n’est jamais au service de la croissance.

«Dis-moi que tu m’aimeras toujours.» «Promets-moi que nous, c’est pour la vie.»

De telles promesses sont nécessairement impossibles ; comment pourrait-on réellement garantir que nos sentiments resteront inchangés sans connaître à l’avance les événements qui pourraient les affecter ? Même l’engagement à investir dans la relation pour en traverser les crises, une promesse apparemment plus réaliste, ne peut être que relatif car il suppose une motivation qui resterait intacte indépendamment des événements et du comportement de l’autre.

A suivre…

.

*Réf: psychologie humaniste M Larivey