02.12.05
La bouteille à la mer
Le sujet de la semaine sur obsolette était :
-Vous trouvez une bouteille à la mer, racontez soit le périple de la bouteille, soit écrire le contenue de la lettre, soit encore le récit de celui ou celle qui la trouve ou qui l'envoie.
Voici mon texte.
Il n'est pas rare que j'aille faire des promenades sur les plages désertes de l'île, là je m'assoie et je regarde au loin, je rêve. Selon les jours je rêve de voyages, ou j'imagine que ma peine se noie dans l'océan, tout dépend de mon humeur du jour.
Ce jour là j'étais arrivée très tôt, je ne pouvais pas dormir, la solitude me rongeait et je voulais me perdre dans la nature, en fait je désirais faire corps avec elle. La nature à toujours cette magie de m'envelopper et m'énergiser. Elle seule sait me rendre le moral, sans un mot, sans un regard. Les regards c'est moi qui les ai sur elle. Les oiseaux commençaient à peine à piailler, le ciel encore un brin obscur s'éclaircissait et prenait des couleurs rose pâle. La marée était au plus bas ce qui rendait la plage immense.
En arrivant je regardais le sable vierge, l'eau qui l'avait caressée avait effacé toutes traces, il était lisse, j'avais la sensation d'être sur une autre planète. C'est pour cela que j'aime cette plage, aucune vue sur la civilisation, pas de maison aux alentours, rien, que la vue sur d'autres îles et l'horizon qui offre tous les rêves.
Pourtant ce jour là j'étais triste, triste à en mourir. Seule, sans amour, sans tendresse, le cœur vide et la tête trop pleine de douleurs. Pourquoi avais-je choisi cette plage ce jour là ? Sans doute parce qu'elle s'appelle la plage des amoureux. Ici les amoureux peuvent se croient seuls au monde, peut de personne la connaisse, seul les gens de l'île savent qu'elle est là.
C'est presque un secret, comme si tout le monde voulait préserver celle-ci des rares touristes.
Après m'être assise un long moment pour pleurer, mon regard fut fixé par un couple de pélicans. Ils avaient l'air de s'embrasser, par moment le male déployais son aile comme pour cajoler sa femelle. Ce spectacle me rendait encore plus triste. Personne ne me cajolait depuis bien longtemps.
Je m'avançais vers eux pour mieux les observer lorsque je vis une bouteille prise dans des morceaux de filets de pèche. Je m'approchais alors pour retirer ce filet afin qu'il ne retourne pas à l'eau et emprisonne une tortue. J'ai souvent vu des tortues venir mourir sur le sable parce qu'elles étaient prisonnières de ces filets. Au moment où je saisie le filet je me rendis compte que la bouteilles était fermée, elle contenait un papier à l'intérieur. Je ne la rompis pas tout de suite par souci d'écologie, mais je restais quelques minutes là, intriguée par son contenu.
Je m'empressais de rentrer chez moi, un peu d'aventure m'attends pensais-je alors.
Arrivée à la maison je cassais le goulot et m'aidant d'une tige à brochette je retirais le papier.
Une belle écriture déliée, écrite à l'encre rouge, avec des lettres comme on n'en voit plus que rarement, celles qui ressemblent à l'écriture de nos grands-parents.
J'allais m'asseoir sur ma terrasse et je me mis à lire.
"Ma chérie,
Cette guerre nous a séparé et je ne sais pas si un jour nos cœurs pourront encore se serez l'un contre l'autre. Voila trop longtemps que je suis en mer, trop longtemps que je suis sans nouvelles de toi. J'écris cette lettre aujourd'hui sachant que le mode d'expédition fera que jamais tu ne pourras la lire. En écrivant cette lettre je veux crier au monde entier l'amour que j'ai pour toi. Tu fais vibrer mon cœur et ce n'est que par le souvenir du regard que tu m'as offert à Blois avant que je monte dans le train, que je trouve la force de survivre dans cette ambiance de terreur.
Demain nous aurons une journée dangereuse, je ne sais pas si j'en sortirai vivant. C'est la raison pour laquelle je n'enverrai pas cette lettre par le courrier normal parce que le temps que tu reçoives des bonnes nouvelles, s'il y en a, te paraîtrait un enfer. Et si je meurs tu le sauras bien assez tôt. Je laisse sur cette feuille l'empreinte de ma main, pour qu'elle rejoigne la tienne. Une goutte de sang pour te montrer que ton amour coule dans mes veines, et je signe par un baiser pour rejoindre tes lèvres.
Je t'aime infiniment,
Ton Paul."
La lecture de cette lettre me coupait le souffle, je restais là sans voix, les yeux remplis de larmes. Je la posai là sur mes genoux, je ne savais plus que penser.
Soudain mes chiens se mirent à faire un vacarme, ils avaient vu une biche passer au fond du jardin. Je me levais pour les faire taire posant machinalement la page jaunie sur la table.
A mon retour le vent avait fait tomber la feuille à terre, je me baissais pour la saisir et la relire, c'est là que je m'aperçue que le papier vieilli avait masqué les traces du nom de l'expéditeur.
En haut à gauche il était imprimé une en-tête.
Matelot Paul Gouon.
Je pensais toute la journée à ce Paul Gouon. Je me disais qu'il n'était sans doute pas mort, que la peur et l'angoisse lui avait dicté cette lettre. La nuit je ne pu dormir, pensant et repensant à lui. Le lendemain dès six heures du matin j'étais sur Internet à consulter les pages blanches à la recherche de Gouon à Blois.
Par chance je n'y trouvais que 3 familles. Je décidais de les appeler aussitôt pour me renseigner sur ce Paul.
Le deuxième coup de fil fut le bon, une voix chaude me répondit c'était le fils de Paul.
Je lui racontais l'histoire, il ne pouvait pas y croire, devant mon insistance il me dit que la personne à qui était adressé cette lettre était sa tante, enfin une tante par alliance. Elle était entrain de mourir, elle en aurait pour une ou deux semaines tout au plus. Je lui proposais alors de lui envoyer la lettre par DHL, le temps était compté.
Deux semaines plus tard un coup de téléphone m'annonçait la mort de la vieille dame. Elle était partie trois heures après avoir lu sa lettre d'amour. Le fils de Paul me dit qu'elle est partie sereine, elle n'avait jamais oublié son Paul, même si elle s'était mariée par la suite, Paul était son premier amour et de plus elle n'avait pas été heureuse en ménage. Elle avait pris cette coïncidence comme un appel de Paul, elle était morte en embrassant le papier, elle reçu ainsi son dernier baiser. J'étais heureuse pour elle, j'avais participé à adoucir se mort.
Six mois plus tard le fils de Paul vint me rendre visite sur mon île, un autre amour naissait sur la plage des amoureux.
22.11.05
Se mettre à la place de quelqu'un....
Se mettre à la palce de quelqu'un qui vous a fait du mal et écrie son dialogue intérieur.
Alors là, j'ai beaucoup de mal avec le sujet, parce que en fait les personnes qui m'ont fait du mal, l'on fait involontairement, je ne peux pas me mettre à leur place et imaginer leur dialogue intérieur. Ce serait croire qu'ils ont manigancé leur coup. Oui il y a une personne qui ne m'aime pas, et que je n'apprécie pas, parce qu'elle est hypocrite et envieuse, mais je sais aussi que c'est parce que cette personne souffre d'une jalousie et là je n'y peux rien.
Alors comment me mettre dans la peau de cette personne jalouse ?
Je ne sais pas, il va falloir que je fasse un gros effort. C'est quelque chose que je n'ai jamais éprouvé moi-même. Voilà une situation vécue quand je la connaissais à peine.
-Tiens tu as encore minci, comment tu fais pour rester mince comme ça ?
(Cette chipie, elle se goinfre de nutella et ne prends pas un gramme)
-Ah mais tu es grande et quelques kilos de plus ne te feraient pas de mal, tu ne trouves pas que tu as un peu les joues creuses. (Et vlan prends toi ça en pleine figure)
-Tu sais en vieillissant il vaut mieux être ronde, les rides se marquent moins. (Au cas où tu penserais que tu n'en as pas)
- Je pense que d'être mince ça donne l'air malade (mon oeil, si je pouvais être comme elle)
-Je préfère avoir des rondeurs, et puis les hommes préfèrent les rondes c'est bien connu.
(Au cas ou tu viserais le mien, saches qu'il préfère quand il y a de quoi tâter)
Elle -Alors tu as acheté la robe pour la soirée d'inauguration ?
Moi -Non pas encore je dois y aller demain.
Elle -Je viens t'accompagner si tu veux.
Moi -Ok je veux bien.
Nous voilà parti faire les boutiques.
Elle : - Non tu vas pas choisir ça, ça te découvre trop les épaules, on voit TES OS, et puis tu sais les saaaalières c'est pas harmonieux. Enfin tu fais ce que tu veux, moi je dis ça pour te conseiller au mieux.
Moi : -Oui mais moi j'aime bien les décolletés, ça met ma poitrine en valeur non ?
Elle- Oui c'est sur, mais mince comme tu es, de voir la naissance de tes seins, ça fait un peu provoc non ? (Merde mon mari va loucher sur elle)
Moi, -pourquoi provoc, tu trouves que ça fait vulgaire ?
Elle -Oh non pas vulgaire, mais pas très classe. ( putain elle est superbe dans cette robe, pourvu qu'elle ne la prenne pas.
Su ce la vendeuse arrive.
Oh madame, elle vous va super cette robe, vous avez la taille mannequin.
Elle- VVVVOUI, elle lui va bien, mais le décolleté est un peu trop…..vous croyez pas ?
La vendeuse- Non pas du tout, c'est une robe de cocktail très belle, et elle la porte super bien.
Elle – Non mais pourquoi tu n'essayes pas celle-ci, je suis sure qu'elle t'irait parfaitement.
La voilà qui me tends une autre robe fermée jusqu'au cou.
Ok je l'essaye.
Pas de chance, elle n'avait pas vu que la robe avait une belle échancrure sur les épaules et une longue fente sur la jambe qui remonte jusqu'à la cuisse.
Elle : ( merde elle est encore mieux dans celle-ci) Oh non alors, t'a vu la fente, j'avais pas vu ça. Tu ne peux pas mettre ça, on dirait zizi Jenmaire.
Ah tu trouves, merci, j'adore ses jambes, et c'est vrai que ça fait sexy non
Sexy sexy ! Ça fait pute VVVOUI !
Oh non moi j'adore, sage en haut et coquin en bas, elle est sublime.
La vendeuse : Wao, superbe, vous avez de la chance, vous pourriez mettre un sac ça vous irez bien.
(La vendeuse parlant qu'espagnol, Elle, pouvait se permettre de faire des commentaires)
Non mais t'as vu ces femmes, aucun goût, aucune classe, qu'est ce qu'elle en sait elle entre ce qui fait sexy ou putasse. (non non non, ne la prends pas, je vais avoir l'air d'un boudin à côté de toi)
Moi elle me plait bien, et puis tu as raison, le décolleté ne provoque pas et mes épaules sont mises en valeur.
-Non moi finalement j'aime mieux l'autre (au moins on voit ses salières)
Et puis t'a vu dans celle-ci on dirait que tu as des fesses de négresses, elle te moule trop.
Moi- moulée ? Non je ne me sens pas moulée, le tissu à un tombé superbe.
-VVVOUI, mais tes fesses paraissent trop rondes. (Merde je suis à court d'arguments)
Moi- et bien moi qui pense toujours que je n'ai pas assez de fesses, au moins ça change.
-Non mais pas des fesses de négresses tout de même. Et puis la couleur, je n'aime pas trop la couleur. (Ouf, j'ai trouvé autre chose)
Moi- alors la, moi je peux te dire que j'adore ce bleu, il est sublime. Je la prends.
Elle – Bon fait comme tu veux, mais au moins je t'aurai dit ce que je pense.
Encore un petit quelque chose pour la décourager,
- tu ne crois pas qu'à notre age il vaut mieux rester classique. (pourvu qu'elle change d'avis)
Moi- oh non, tu sais à notre époque les femmes dans la quarantaine ne ressemblent plus à nos grand-mère non ?
Elle- VVVOUI, pour les artistes ça passe, Madonna, Sharon Stone, mais nous on est pas des artistes.
Moi- et bien moi j'en ai rien à faire, je me sens jeune, et j'aime bien cette robe.
Mademoiselle, je la prends.
Elle- (merde j'ai pas réussi à la convaincre) Tu ne veux pas voir ailleurs au cas où ?
Moi- Non non ça y est, j'ai ce qu'il me faut.
Elle, ok je t'offre un café et on se mange un petit quelque chose (Pourvu qu'elle prenne un kilo).
Nous allâmes prendre ce café, que j'ai accompagné d'une immense glace à la chantilly, et elle prit un café seul.
N'empêche que le soir je regardais mes salières, que je ne trouvais pas aussi creuses que ça, et je scrutais mes épaules osseuses, pas tant que ça non plus. Bref, elle m'avait foutu le doute sur la différence entre être mince et maigre. Mais non je ne suis pas maigre, juste mince.
(Cette chipie, j'en ai rien à foutre si son mari louche sur moi, il est rond comme elle, on dirait deux petits porcelets)
Je n'ai pas pris un gramme. Et la soirée fut superbe.
14.11.05
L'interdit.
Le sujet de la semaine sur obsolettres était d'écrire un texte sur le sujet de l'interdit. Le voilà.
Elle me regardait de toute sa hauteur et m'assénait ses vérités une par une, moi j'étais là appuyé contre ce vieil arbre. Je me disais qu'il avait du bien en voir des choses, il devait avoir cent ans. Je l'écoutais d'une oreille discrète parce que ce qu'elle me disait ne m'atteignait pas. Je n'avais rien à voir avec ses vérités. La vérité chacun à la sienne, et moi je ne partageait pas sa façon de voir les choses. J'avais ma vérité, et je voulais plus que tout au monde faire ce que je désirais, oui elle me l'avait interdit, mais je voulais passer outre cette interdiction. De quel droit peut on interdire quelque chose à quelqu'un ? Voilà vingt ans que j'en rêvais, vingt ans que cette idée me torturait l'esprit. L'éducation que j'avais reçue m'avait toujours inculqué de vivre en fonction des autres. Ne pas blesser, ne pas mentir, ne pas critiquer, ne pas, ne pas, ne pas. J'étais fatiguée de ces ne pas…..je voulais être moi, affronter les gens, dire mes pensées sans les travestir pour qu'elles plaisent aux autres. J'avais grandi, je me sentais homme, je voulais m'assumer et faire face à la terre entière. Durant toutes ces années j'ai vécu dans l'ombre, pour ne pas déranger, en écoutant les bonnes raisons qu'elle me lançait en pleine face pour que je n'agisse pas. J'arrivais à me convaincre qu'elle avait raison. Aujourd'hui je n'acceptais plus qu'elle me dicte ma conduite. Combien de fois m'était il arriver de regarder autour de moi et d'être ému par un sourire, un rire, un cri d'enfant. Les expressions de ces jeunes vies je n'avais pu les vivre dans ma chair, cela me faisait terriblement défaut. J'avais perdu trop de temps. J'en avais pris conscience depuis longtemps et je ne pouvais plus revenir en arrière, je devais agir. Elle n'arrêtait pas de vomir ses mots, je la laisser parler. Je l'observais tranquillement. Par moment mes pensées voyageaient ailleurs et je ne l'entendais plus. Ses paroles ne pouvaient plus pénétrer mon âme. Je me disais alors qu'il était bon de constater combien je m'étais affirmé et combien je me sentais libre. Je la voyais vieillie, je la trouvais laide. L'amertume et la rancœur avaient terni sa beauté. Ses traits étaient restés réguliers, ses yeux toujours aussi bleus, mais ils ne renvoyaient qu'une lumière menaçante. Je compris alors qu'en fait elle avait peur, peur de perdre ce qu'elle m'avait volé. C'est à ce moment que je lui dis que je n'allais rien lui prendre, que je voulais juste donner, donner ce que j'avais gardé en moi pendant ses vingt ans. Enfin elle se tue, enfin elle réfléchissait. Elle se laissa glisser à terre et se mit à pleurer. " Va donc, entre" me dit elle. La terre se dérobait soudain sous mes pieds. Le plus beau jour de ma vie arrivait enfin. Je la laissais là, fit quelques pas et approchais de la porte. Ma main se mit à trembler. Je saisie la poignée, je n'avais pas le courage. La peur au ventre je lui demandais alors d'aller le chercher. Elle se leva, son visage mouillé par les larmes. C'est à ce moment que je pris sa place et m'accroupi sur le sol. Mes entrailles me torturaient. Le temps me paru interminable. Un bruit de pas qui avançait vers moi me fit relever les yeux. Je le levais d'un bon, il était là. Nos corps se rapprochaient pour la première fois depuis si longtemps. J'eu quand même la force de lui dire je t'aime.
04.11.05
L’absence, c’est le vide qui nous rempli ?
Ton absence m’obsède, me fait mal, me ronge, me détruit, et tout aussi paradoxalement elle me remplie.
Je suis là loin, sans toi, je n’ai que ma solitude, et je me sens lourde, je ne peux pas marcher parce que ton absence me pèse.
C’est ton absence qui me crie que je suis encore vivante, c’est ce vide qui m’étouffe, c’est ce manque qui me hante et me pousse vers mon but, celui de te rejoindre. L’absence réveille ma puissance, meme si elle endort mes sens. Le monde est vide autour de moi, plus rien n’existe quand tu n’es pas là. Ce vide a pénétré mon corps, éteint mes yeux, rempli ma tête. Je suis morte lorsque tu es partie, je ne vis que pour toi et par ton souvenir.
L’absence est synonyme de rien, et elle réveille tout. Les souvenirs surgissent, ma mémoire étale ses émotions et ses images vécues avec toi, les espoirs renaissent, la volonté d’avancer vers toi se renforce. L’absence c’est ce rien, ce vide qui envahi mon cœur.
26.10.05
Les chapeaux de ma vie
(dans ce texte le mot chapeau remplace un autre mot, à vous de le trouver....réponse à la fin du texte.)
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Même si enfant je n’ai pratiquement jamais eu de chapeau, j’en rêvais souvent.
Lorsque je voyais par exemple ma voisine en poser un sur la tête de son fils,
mon compagnon de jeu de l’époque. Je me disais que ma mère ne m’en offrait jamais.
Alors j’ai souvent eu des maladies incroyables, graves, parfois difficiles à diagnostiquer, sans doute créées par mon inconscient. Je somatisais.
Plus tard, je ne pensais qu’à ça, tous ces chapeaux offerts de part le monde, un monde dans lequel je n’étais pas. Un monde dans lequel j’aurai voulu me fondre.
Mon premier chapeau je l’ai reçu à douze ans, un vrai de vrai, comme au cinéma, enfin presque. En fait j’aurais souhaité que ce soit comme au cinéma. Mon ami du moment voulait me donner un chapeau …si j’ôtais ma chemise. Là, ça devenait du cinéma érotique et non pas romantique comme je l’attendais. J’ai donc pris ce chapeau, mais je n’ai pas donné ma chemise. D’ailleurs, quelques jours plus tard, je trouvais mon premier petit ami, moche, nul, et je m’en voulais d’avoir eu des regards pour lui.
Depuis ce temps j’ai eu la chance d’avoir toute une panoplie de chapeaux : des hauts de forme, des colorés, des plats et sans reliefs, des rouges passion, des voilés, qui masquent les yeux embués de larmes, des chapeaux protecteurs qui ressemblent à des cagoules d’apiculteurs, et ceux avec des plumes, légers, qui vous transportent dans un monde magique. Les chapeaux ont rempli ma vie et les plus beaux sont ceux que j’ai offerts à ma fille, son premier chapeau le jour de sa naissance et celui que j’ai donné à mon père, au moment de sa mort. J’ai besoin de chapeaux comme j’ai besoin d’eau. Il n’y a pas un jour où je ne me réveille en offrant à l’homme de ma vie le chapeau le plus rond, le plus doux, fait de soie et bordé de velours.
le mot à trouver est : baiser (s).
La gourmandise n'est pas un vilain défaut.
Ah ! La gourmandise … c'est un vilain défaut dit-on. Je ne veux pas y croire, je dis c'est faux !
Je suis née un beau jour de juillet, juste à l'aurore d'une journée chaude et parfumée par l'odeur des lavandes et du miel, oui du miel ! Savez vous qu'en Provence il existe un petit village qui s'appelle Allauch, c'est le paradis du miel, eh oui, c'est là que je suis née, et sans doute la grossesse de ma mère fut " embaumée " de cette odeur de miel.
Si je m'écoute à croire aux signes du destin, alors je me dis que la bonne fée qui s'est penchée sur mon berceau m'a fait le plus beau cadeau en me donnant le " don " d'être gourmande. Je pourrais aussi penser que c'est un diablotin qui m'a injecté avec les pointes de sa fourche le goût de la tentation pour que justement j'apprenne à y résister, mais non, cette version ne me plait pas, je préfère la première, on ne peut pas croire qu'un petit bébé innocent soit déjà mis à l'épreuve des sacrifices.
Tout dans ma vie m'a montré le chemin de la gourmandise, sans doute pour que je sache en faire bon usage. D'abord, ce petit village dont je parlais plus haut, ça commence bien ! Ensuite j'ai pu découvrir avec délice que la tétine que ma mère me donnait lorsque je pleurais était fourrée de sucrerie….oui, à l'époque il existait des tétines munies d'un bouchon, et on pouvait y mettre à l'intérieur un peu d'eau sucrée pour apaiser les pleurs. J'ai donc eu ce genre de tétine. Plus tard, ma maman étant, une bonne maman, nous régalait, avec des tartes, des gâteaux, ou des beignets les jeudis, et quel bonheur de voir ces morceaux de pâtes dans la friteuse, qui sous l'effet de la chaleur de l'huile, gonflaient et triplaient de volume, c'était magique, et les saupoudrer de sucre intensifiait le plaisir.
Mes souvenirs d'enfance sont peuplés de gourmandises. Chaque saison apportait une tentation différente, les marrons chauds, les premières fraises, les abricots que je cueillais sur l'arbre, comme les jujubes, les figues, et les cerises dont le jus coloré me servait de rouge à lèvres un peu plus tard lorsque je commençais à devenir coquette. Les vacances au bord de mer où je dégustais allégrement les cornets de glace. Toute une technique à apprendre si on ne veut pas que la glace par l'effet de la chaleur dégouline sur les doigts. C'est si bon de se faire plaisir, de succomber à la tentation.
Pour moi la gourmandise est également une façon de développer mes perceptions sensorielles. Le goût bien sur, mais aussi la vue, l'odeur et le toucher. La nature ne nous a pas donné des yeux, des doigts, un nez et des …papilles gustatives pour qu'on ne s'en serve pas. Rien de plus doux, de plus salivant, de plus alléchant qu'un dessert odorant et coloré, quelques petits choux à la chantilly,une crème brûlée, un baba au rhum, un fondant au chocolat, hum ! J'en salive déjà ! Alors pourquoi ne pas vouloir goûter à ces délices.
Est ce un vilain défaut que d'aimer ce qui est bon ? C'est tout au plus un péché mignon. La gourmandise nous prépare à acquérir certaines attitudes extérieures. Elle a aussi un coté positif dans l'offrande.
Etre gourmand amène à être généreux, le plaisir est redoublé par le partage. Grâce à ma gourmandise j'ai pu mettre en pratique ce que j'ai entendu petite fille : "-Pour garder son homme il faut lui cuisiner des bons petits plats et lui offrir des bons câlins." J'en ai fait l'apprentissage très tôt.
Le goût pour le sucré m'a amenée à être créative dans ma façon de cuisiner, il n'est pas rare que j'ajoute une cuillère de confiture de figue à une sauce au gingembre par exemple, ou encore un peu de miel dans une vinaigrette, je suis devenue une experte en cuisine aigre douce. Mon goût pour les couleurs me donne la créativité pour la présentation des plats. Mangeriez vous ne serait ce que des carottes râpées, dans une boite de conserve ? Non ! Mais présentées dans une belle assiette jaune et juste un brin de persil sur ce nid de carotte, et voilà que la vue de cette modeste œuvre d'art vous titille les papilles.
Il en est de même pour les câlins. N'avez-vous pas vu le film, neuf semaines et demi ? Rien de tel que de suivre cet exemple pour entretenir la passion, un peu de chantilly sur les pectoraux de notre chéri (s'ils ne sont pas trop poilus, sinon essayez une autre partie de son anatomie) et vous découvrirez le plaisir suprême. Que dire sur la belle technique apprise en mangeant un cornet de glace en plein soleil, et l'appliquer dans les moments intimes, je ne m'attarde pas ici à développer le sujet. Dans ses moment, toujours intimes, retrouver le plaisir de voir la pâte à beignets gonfler dans la friteuse, que je pourrais comparer à autre chose (vous voyez quoi ?) qui peut gonfler dans…mes mains. C'est sans doute parce que nous sommes nombreux les gourmands, qu'il existe même des préservatifs spéciaux aux saveurs délicates pour inciter à la coquinerie et éveiller notre imagination. Au cas ou on en manquerait, il suffirait de se remémorer notre enfance suçant les chupas chups, et c'est le bonheur à deux assuré.
Pour conclure j'ai regardé le dictionnaire et je n'y ai pioché " que " ce qui m'intéresse dans la définition de la gourmandise : ·Aptitude à apprécier la qualité et la délicatesse des mets. Généralement au pluriel. Mets fin et délicat, le plus souvent sucré.
Du défaut : (bon j'ai pris ce qui m'arrange en faisant un peu preuve de mauvaise fois) : Au défaut de, Ce qui manque, par manque de… Le point faible de quelqu'un.
J'en conclus que la gourmandise, peut être un point faible mais aussi, une aptitude à apprécier un bon mets fin et délicat, lorsque l'on a un manque….
Alors, la gourmandise n'est ce pas un don du ciel ? Si je me trompe j'irai au purgatoire…endroit idéal pour digérer non ?



