17.08.09
Borderline
Quiconque a côtoyé le moindrement une personne souffrant d'un trouble de la personnalité borderline (TPB) peut facilement comprendre à quel point la vie de ces personnes est un "enfer", et à quel point ces personnes font vivre un "enfer" à leur entourage (conjoints, parents, amis). Et comme ces personnes provoquent ce qu'elles craignent le plus, soit le rejet ou l'abandon, elles se retrouvent immanquablement dans un cercle vicieux "infernal" ne faisant qu'accentuer leur détresse et rendant la vie de leur entourage encore plus "infernale". Il y a lieu de se demander ce qu'on peut faire pour aider l'entourage à ne pas sombrer dans le désespoir, le rejet et la culpabilité. Ces gens ont besoin de soutien, mais aussi d'information adéquate et de coaching pour mieux comprendre leur proche souffrant d'un trouble de la personnalité borderline et pour mieux interagir avec lui afin de réduire les tensions au lieu de les accentuer.
Informer et coacher
Autant les personnes borderline elles-mêmes que leurs proches ont très souvent une fausse conception d'un trouble de la personnalité, accentuant inutilement la peur et le découragement. Ainsi, le trouble de la personnalité, particulièrement borderline, est souvent associé à la folie (genre schizophrénie), à la personnalité multiple (qui est plutôt un trouble dissociatif sévère), à la psychopathie, à la délinquance, voire à la "possession" diabolique, ou encore tout simplement à de la mauvaise volonté et de la méchanceté.
Il est donc important d'expliquer, le plus simplement possible, que la personnalité d'un individu regroupe l'ensemble de ses façons de penser, de réagir émotivement et de se comporter dans ses relations interpersonnelles et vis-à-vis du défi de la vie. En partie innés, avec des degrés de vulnérabilité variables (prédispositions génétiques et biologiques), ces traits de personnalité vont se développer et se structurer selon les expériences psychosociales vécues dès la naissance. Ainsi, plus un individu est fragile et vulnérable et vit des expériences psychosociales traumatisantes et néfastes, plus ses traits de personnalité risquent de devenir excessifs et rigides, développant ce qu'on appelle un trouble de la personnalité pouvant nuire à ses relations interpersonnelles et à sa capacité d'adaptation aux situations de la vie. On peut donc situer l'individu sur un continuum entre le fonctionnement optimal et le trouble de la personnalité. L'objectif poursuivi sera toujours de permettre à l'individu d'utiliser de la façon la plus optimale possible les éléments positifs de sa personnalité, quelle qu'elle soit. Ainsi, avoir une personnalité borderline n'est pas pathologique en soi. Au contraire, au degré optimal de fonctionnement, la personnalité borderline peut manifester les caractéristiques suivantes : sensibilité, intuition, perspicacité, introspection, honnêteté, authenticité, passion, créativité, sens artistique, conscience sociale, sens de la justice, humour, énergie, compassion, spontanéité, curiosité, ouverture d'esprit, joie de vivre. Il est donc important de reconnaître ce potentiel et de le transmettre autant à la personne elle-même qu'à son entourage.
Caractéristiques d'un borderline et leur impact sur l'entourage
Voici un échantillon des caractéristiques les plus souvent rencontrées. Plus une personne se reconnaît dans ces caractéristiques (en intensité et en quantité), plus elle risque de manifester un trouble de la personnalité borderline. L'impact possible de chacune de ces caractéristiques sur l'entourage est aussi brièvement décrit ainsi que les façons de réduire l'ampleur de cet impact.
1. Hypersensibilité à l'abandon, réelle ou imaginée, reliée à une incapacité de vivre la solitude, et efforts excessifs pour l'éviter (rage, colère, menaces, supplications, etc.). L'entourage se sentira facilement coupable dans de telles circonstances et c'est normal. Qu'il s'agisse, d'un abandon réel (rupture définitive de la part du conjoint) ou imaginé (absence temporaire pour une raison quelconque, que ce soit le travail ou autre chose), il est préférable de ne pas se soumettre au besoin de la personne borderline d'éviter l'abandon, même si ça peut être efficace à court terme (soulagement de sa détresse et de notre culpabilité), car la situation deviendra de plus en plus insoutenable et frustrante à plus long terme, avec un désir de rejet encore plus pénible à vivre pour tout le monde.
2. Relations interpersonnelles intenses, très chargées émotivement et instables, alternant entre des sentiments extrêmes et opposés : l'idéalisation lorsque l'autre semble combler le sentiment de vide et de désespoir, et la dévaluation à la moindre déception ou frustration; attitude fusionnelle insécure et possessive; faible tolérance à une relation calme ou neutre; besoins affectifs intenses vs peur d'être profondément blessé. Il est très important de ne pas se laisser prendre dans une situation fusionnelle, même si ça peut être valorisant de se sentir admiré, car personne ne peut être toujours à la hauteur et disponible, et ainsi éviter de décevoir la personne borderline. Il faut donc transmettre le plus rapidement possible l'idée de limites et d'autonomie, qu'on ne peut toujours être disponible et que la personne borderline n'a pas toujours besoin de notre présence. Il est important de garder le plus possible son calme en le faisant, même si la personne borderline le tolère mal, car c'est ce qui permettra, à la longue, de rassurer véritablement cette personne.
3 Instabilité affective reliée à une très grande sensibilité et vulnérabilité aux événements, aux situations ou aux remarques négatives des autres, provoquant des réactions intenses d'irritabilité, de dépression, d'anxiété, de rage et de désespoir; amplification rapide des sentiments; fluctuations d'humeur sans raison apparente. Ceci peut être vraiment éprouvant, décourageant et insupportable pour l'entourage. Il est donc important de ne pas se laisser envahir par ces émotions qui appartiennent à la personne borderline. C'est ainsi qu'on sera en mesure de lui exprimer une certaine compréhension et de la compassion tout en imposant nos limites claires et fermes en exprimant nos propres sentiments plutôt que d'accentuer l'intensité émotionnelle en étant accusateur ou en jugeant cette personne. Il est important de conserver son identité propre, ses émotions, et de ne pas s'identifier à la détresse de la personne borderline; il ne faut pas craindre d'affirmer sa différence dans sa façon de voir les choses et de réagir. La personne borderline en sera peut-être frustrée sur le coup, mais elle sera probablement rassurée par la suite de voir qu'elle n'arrive pas à nous perturber et nous en sera reconnaissante. Si on se sent envahi par les émotions de l'autre, il y a lieu de se questionner sur sa propre dépendance vis-à-vis de cette personne.
4 Difficulté à contrôler la colère, qui est exprimée souvent de façon intense, violente, imprévisible et inappropriée, et qui peut disparaître aussi rapidement; ou difficulté à exprimer de la colère de peur de perdre le contrôle. L'entourage reste souvent perturbé plus longtemps par les accès de colère de la personne borderline, alors que pour celle-ci, tout est, habituellement, oublié rapidement. Il s'agit donc de ne pas dramatiser outre mesure ces accès de colère, tout en affirmant quand même certaines limites acceptables. Il ne faudrait pas ridiculiser les accès de colère (ce qui ne ferait que les accentuer), mais les prendre avec un certain détachement et de l'humour (mais aussi de la compréhension), ce qui dédramatiserait la situation, car pour la personne borderline ce n'est souvent pas aussi dramatique qu'il n'y paraît (elle a simplement besoin de laisser sortir de la vapeur).
5. Difficulté à apaiser soi-même sa détresse en pensant simplement à quelqu'un qui l'aime ou l'apprécie; besoin de la présence physique de l'autre pour y arriver; faible tolérance à la détresse reliée à une carence d'expériences positives. Voir le point 2.
6. Trouble de l'identité, avec une image de soi instable, un sentiment d'être morcelé, de se donner différentes identités selon l'interlocuteur, et un sentiment chronique de vide intérieur. L'entourage se sent souvent démuni devant ce genre d'attitude. Il est important d'encourager la personne borderline à exprimer ce qu'elle pense et ressent vraiment tout en validant ce qu'elle exprime, et de lui faire part des qualités qu'on reconnaît en elle (voir les caractéristiques positives mentionnées plus haut), de ses bons côtés, de sa valeur comme personne méritant d'être respectée et aimée.
7. Recherche de sensations fortes dans des comportements impulsifs potentiellement dangereux ou dommageables (alcool , boulimie, conduite automobile téméraire, comportement sexuel à risque, dépenses excessives, jeu, vol à l'étalage) dans le but de combler le sentiment de vide, de se créer une identité ou de soulager sa grande douleur. Ce type de comportement devient facilement irritant ou troublant pour l'entourage. Il est important alors d'être sensible à la détresse sous-jacente à ces comportements excessifs et de communiquer cette compréhension en évitant de juger ou de condamner, mais en confrontant la personne aux risques qu'elle prend tout en exprimant nos préoccupations et notre attachement. D'un point de vue plus positif, il peut être stimulant de se laisser influencer par ces personnes en s'ouvrant aux découvertes, aux nouveautés, aux fantaisies, tout en étant bien en contact avec soi-même et attentif à ses limites personnelles.
8. Menaces ou gestes suicidaires dans le but de crier ou de soulager sa détresse insoutenable. Voir le point 7. Il ne faut surtout pas jouer au thérapeute mais plutôt exprimer à cette personne notre attachement, notre inquiétude et nos limites, et l'inciter à se procurer de l'aide professionnelle.
9. Pauvre estime de soi, sentiment de honte, image négative de soi (impression d'être sans valeur, d'être un monstre, d'être méchant et démoniaque), provoquant parfois un besoin de se considérer comme un être meilleur ou supérieur aux autres, s'imposant des standards perfectionnistes, ayant une perception de soi irréaliste et une difficulté à accepter l'échec; besoin d'être valorisé, de recevoir l'approbation et la reconnaissance des autres. Voir le point 6.
10. Moments passagers d'idées paranoïdes ou de symptômes de dissociation (impression de ne pas être là, de perdre contact avec soi-même, de se sentir étranger, irréel, engourdi) en réaction à un stress intense. Il est très compréhensible que de telles situations soient inquiétantes pour l'entourage. Il ne faut pas perdre de vue que ce sont des réactions temporaires à une situation de stress (et non une maladie chronique) et que la personne retrouve généralement son état normal assez rapidement. Il faut donc rassurer la personne borderline à ce sujet, mais si ces réactions sont fréquentes et excessives, on peut aussi lui suggérer d'aller chercher de l'aide professionnelle et souligner qu'il existe des médicaments pouvant réduire l'intensité de ces réactions et donc lui être utiles.
11. Peur de la folie (que les émotions intenses et les comportements excessifs hors contrôle soient des signes de folie). Il est souvent dramatique que l'entourage développe cette perception de folie et la transmette à la personne borderline par manque d'information. Il est donc important de bien s'informer sur ce qu'est un trouble de la personnalité borderline, et d'en faire part à la personne concernée, afin d'en avoir une perception plus réaliste qui sera aussi transmise à cette personne.
12. Besoin de compenser un manque de contrôle sur soi-même et sur sa vie en contrôlant et en manipulant* les autres. Ce genre de comportement est irritant pour l'entourage. Il est faux de prétendre qu'il ne faut jamais se laisser manipuler par une personne borderline en craignant qu'elle en abuse. On se retrouve alors dans une guerre de pouvoir qui n'en fini plus. Comme avec un enfant, il est préférable de tolérer un certain degré de manipulation. Il devient alors plus facile pour cette personne d'accepter éventuellement des limites, si elle se sent comprise et si elle sent qu'il y a une certaine tolérance.
13. Révolte contre l'autorité, les règles, les injustices; ressentiment, insatisfaction, envie; impression de ne pas avoir droit au bonheur; sentiment d'avoir subi des injustices et qu'alors quelque chose lui est dû. Un tel comportement devient rapidement insupportable et décourageant pour l'entourage. Il est important de reconnaître et de valider les sentiments de cette personne, de lui apporter un soutien, mais en même temps de la confronter aux réalités de la vie, au fait qu'il est impossible d'éviter ou de réparer toutes les injustices même s'il est important de les dénoncer, et que vivre implique aussi une capacité à faire des concessions.
14. Très grande sensibilité aux autres; capacité à percevoir les points sensibles et vulnérables des autres, à comprendre ce qu'ils ressentent tout en ayant parfois de la difficulté à en tenir compte ou en s'en servant pour blesser les autres. Ceci peut être très troublant pour l'entourage. Il faut donc être prêt à être confronté à sa propre détresse, à être touché à ses points sensibles et vulnérables afin de se sentir moins fragile à ces attitudes. Sinon, il y a peut-être lieu d'aller chercher de l'aide pour soi-même.
15. Bonnes compétences et capacités de performance, malgré de grandes carences, dans certaines situations ou certains domaines (artistique, sportif, etc.) et perte de moyens dans d'autres situations, ce qui est souvent difficile à comprendre pour l'entourage. Il est important de bien reconnaître et valoriser les compétences tout en évitant de juger négativement les carences. Il faut encourager alors cette personne à persister pour améliorer ses carences en lui rappelant les compétences qu'elle a par ailleurs et ses caractéristiques positives.
Outil d'information et de coaching
Différents moyens peuvent être utilisés pour transmettre cette information et apporter de l'aide aux familles des personnes souffrant d'un trouble de la personnalité borderline. Personnellement, j'ai trouvé fort utile de condenser l'information décrite plus haut en un dépliant qui peut être facilement distribué dans différentes cliniques ou ressources communautaires. J'ai aussi pris l'habitude de donner ce dépliant à chaque client borderline que je rencontre, autant pour son intérêt que pour celui de ses proches, avec lesquels le client peut en discuter le contenu.
Un tel dépliant peut donc servir de base de discussion, de soutien et d'aide auprès des proches des personnes borderline. Plusieurs formules peuvent alors être envisagées : rencontre du client accompagné de ses proches en entrevue, rencontre des proches sans le client, rencontre de groupe avec les proches en milieu clinique ou dans les ressources communautaires, etc.
pour plus de renseignements voir le site : www.aapel.org
11.08.09
Est-ce que tu m’aimes encore ?
Est-ce que tu m’aimes encore ? Je voudrais que tu m’aimes « comme avant », lui dit-elle un soir. Tu ne m’aimes plus comme avant… Comme avant quoi ? Comme avant la crise, comme avant les larmes et les premières blessures, comme avant ces prises de bec qui ont entrainé les premières désillusions, les premières nuits chacun sur son bout de matelas, les premiers matins silencieux, les premiers doutes…
Tous les couples peuvent passer par ces moments de désillusions, ces moments où l’on se réveille à côté de l’autre en se demandant ce qu’il fait là, ces moments où on se demande si on ne s’est pas trompé de partenaire, si on l’aime assez ou s’il nous aime comme on en a besoin. Ce qui est sûr, c’est que quelque chose a changé. On ne s’aime plus comme avant et avant c’était si bon. Avant, c’était la passion, la certitude d’avoir trouvé « la bonne personne », d’avoir eu cette chance inouïe de croiser son chemin, d’avoir rencontré son « âme sœur ». Avant, on riait tous les jours et on faisait l’amour tous les soirs. Et les après-midis. Et au petit matin… Avant, il était plein d’attentions, offrait des fleurs et laissait des mots doux sur le miroir de la salle de bain, elle le trouvait même mignon dans son sommeil, même quand il ronflait la bouche ouverte… Avant, elle l’admirait inconditionnellement et riait de toutes ses blagues, elle était pétillante et désirable, même au saut du lit…
Maintenant, tout cela ne les fait plus rire et le quotidien s’est imposé avec son cortège de frustrations, de stress et de fatigue. Depuis lors, elle se demande comment elle a pu apprécier sa légèreté qui ne lui apparaît plus que comme une suite de gamineries. Quant à lui qui appréciait tant son sens de l’organisation qui lui faisait personnellement défaut, il ne le ressent plus que comme une oppression ou un contrôle culpabilisant. « Tu n’es pas ma mère » lui crie-t-il ! « Arrête de jouer au gamin » lui répond-elle ! Et les portes claquent, les mots durs dépassent les pensées et on s’endort triste ou exaspéré.
Peut-on alors s’aimer comme avant ? Peut-on encore remonter le temps, effacer les blessures et oublier les doutes ? On aimerait tant pousser sur la touche REWIND et revenir au « temps des cerises », des câlins insouciants et des mots enflammés, mais le temps ne coule que dans un sens, les traces de ces moments douloureux sont là comme des cicatrices et ne s’effacent pas par magie.
La passion nous a jeté l’un vers l’autre et a été nécessaire pour nous permettre de nous découvrir dans la confiance, ensuite la réalité de nos diversités s’est immiscée petit à petit entre nous, créant ces dissensions de plus en plus fréquentes, elle nous pousse à comprendre que la fusion n’est pas saine, qu’elle n’est qu’illusion, que la fusion, en somme n’existe pas. Ce n’est pas un repère de bonheur, ce n’est pas un critère de qualité relationnelle, ce n’est que le tendre souvenir, inscrit au plus profond de nos cellules, de cette période qui fût la première de notre vie, celle où pour survivre, nous avons commencé par fusionner avec notre maman, par croire que nous n’étions avec elle qu’un seul et même être, tant sur le plan physique que psychique. Au fil des mois et des années, nous avons tant bien que mal appris à nous différentier d’elle et nous sommes devenu cet être adulte solide et sensible, fort et fragile à la fois, cet être qui a touché durant quelques mois ou quelques années le bonheur ineffable d’un amour parfait et qui voudrait maintenant que les nuages disparaissent.
En amour, chaque étape a son sens, qu’elle soit bienvenue ou non et ce n’est jamais par hasard que deux êtres s’attachent l’un à l’autre. Ils s’inscrivent en creux et en relief dans le psychisme de l’autre, ils illuminent des zones d’ombres, réveillent de vieux démons et même si ces moments sont difficiles, ils sont déclencheurs de prises de conscience et nous mettent au pied du mur. Alors, stop ou encore ?
Si c’est « encore », c’est apprendre à vivre avec ces prises de conscience, c’est se mettre en question, évoluer, mûrir, comprendre et considérer la difficulté moins comme un obstacle à abattre ou à surmonter que comme une marche d’escalier, haute peut-être, difficile à appréhender sans doute, mais qui permet de grandir et de voir le monde avec un peu plus de recul, de sagesse et de maturité.
Article écrit par :
12.06.09
C’est quoi le bonheur finalement ?
« Vivre ne suffit pas, encore faut-il vivre heureux. L’existence n’a de sens et de saveur qui si elle devient le lieu et le temps du bonheur. Nous attendons de la vie le bonheur, jusqu’à parfois passer notre vie à l’attendre. »
Mais de quoi s’agit-il en fait ? Qu’est-ce qui fait le bonheur ? Chacun a sa propre réponse, que ce soit une idée précise ou un vague désir, mais il convient de se rappeler que les références dans lesquelles nous baignons ont beaucoup évolué au cours des âges.
Pour trouver le bonheur, les philosophes ont très tôt été considérés comme des maîtres incontestés. Le but de la philosophie est de contribuer à la connaissance de l’homme et d’aider l’homme à se comprendre lui-même. « Connais-toi toi-même » nous dit Socrate, parce que connaître l’homme revient à lui proposer un bonheur à sa mesure, qui lui convienne et qu’il puisse atteindre par lui-même. Epicure, dont on a caricaturé la doctrine pour en faire un cri de ralliement de tous les jouisseurs de la Terre, préconisait une sorte de diététique des plaisirs, alors qu’à l’opposé les stoïciens prônent un bonheur dans la morale. Un autre courant de pensée nous affirme qu’être heureux consiste à nourrir les plus fortes passions et à assouvir tous ses désirs même les plus fous, mais d’aucuns diront que cette voie ne peut que nous entraîner dans un cercle vicieux, parce que désirer, c’est désirer toujours plus puisque le propre d’un désir assouvi, c’est qu’il n’exerce plus son pouvoir moteur… Nombreux sont ceux, parmi nous, « victimes » de la société de consommation qui peuvent se retrouver dans cette quête sans fin.
Alors qu’est-ce qu’être heureux ? Comment définir le bonheur quand on ne parvient pas à dire précisément ce que l’on désire ? Nous pouvons énumérer les petits bonheurs (regarder un beau paysage, voir ses amis, jouir de « la première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules»… Cela nous suffit-il ? Ce n’est qu’en faisant l’expérience du bonheur que nous pouvons dire ce qu’il est et toutes nos expériences heureuses sont aussi imprévisibles que particulières.
La religion a, elle aussi, apporté sa pierre à l’édifice, en plaçant le bonheur au centre de ses préoccupations. Le christianisme a représenté le bonheur sous la forme d’un Jardin des Délices, d’un paradis dont la représentation même a évolué au cours des siècles et avec elle l’idée de confier la réalisation de son bonheur à sa seule foi. C’est ainsi que les hommes du XVIIIè siècle ont aspiré à une organisation politique du bonheur, d’un bonheur sur Terre, où chacun aurait les mêmes droits à être heureux, à penser et à s’exprimer librement. Le bonheur devint dès lors un art de vivre, fait de la joie de parler, d’échanger, de découvrir, de polémiquer et ainsi naquit la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
Le bonheur a donc une histoire : il n’a pas toujours été considéré comme le but de l’existence, ni comme un idéal de vie.
Qu’en est-il aujourd’hui ? De nos jours, le bonheur n’est plus ni une promesse, ni une idée politique, il est devenu un droit et même un devoir. Nous sommes entrés dans l’ère de la nécessité du bonheur, dans un besoin d’ « euphorie perpétuelle ». Mais tout le paradoxe de nos temps modernes est d’inventer un bonheur « intérieur », fait de bien-être et d’équilibre, et de proposer par ailleurs toujours plus de bonheurs à consommer, de produits supposés rendre heureux. L’être et l’avoir, intimement mêlés. Sérieux défi !
Mais nous ? Comment pouvons nous espérer être heureux ? Faut-il courir après la réussite ? Ou profiter de la vie avant qu’elle ne nous échappe ? Comment se réaliser ? Existe-t-il des moyens infaillibles pour être heureux ? Le bonheur dépendrait-il d’avantage de la chance que de la discipline personnelle ? Dans son étymologie, le terme signifie avant tout la « bonne heure », le bon moment. Le bonheur consisterait-il tout simplement à prendre du « bon temps » ? A saisir ce que la chance nous donne, ce que la « marée nous apporte » ?
C’est certes une piste tentante, d’autant plus que nous sommes conscients que le bonheur n’est pas certain, qu’il ne dure jamais bien longtemps. Nous faisons bien souvent l’expérience de son contraire : la mort, la fin d’une relation, la perte d’un ami, l’échec d’un projet. Nous comprenons donc qu’attendre le bonheur de l’extérieur, c’est vivre dans la crainte de le voir nous échapper, se détruire par accident ou revers de fortune.
Mais finalement comment pourrait-on être heureux, quand on sait qu’on va mourir et qu’on perdra tout ce et ceux qui nous sont chers ? Parce que c’est ce qui est tragique dans notre condition d’être « pensant », nous savons que nous allons mourir, nous savons que toute chose a donc une fin. Mais en fait, la mort n’empêche d’être heureux que ceux qui espèrent le bonheur pour l’au-delà. Pour ceux qui au contraire vivent le bonheur comme ouverture à une joie possible ou réelle, mais actuelle, la mort ne fait plus problème. Il s’agit d’aimer la vie telle qu’elle est, c’est-à-dire éphémère. Si nous pensons à la mort lucidement, la vie, dans sa brièveté même, n’en devient que plus précieuse, chaque moment a un prix irremplaçable et cela devrait nous pousser à être heureux sans attendre ! Sans attendre d’avoir ce que nous convoitons ou espérons, sans attendre de régler certains problèmes, sans attendre tout court parce qu’un vrai bonheur, même imparfait comme tous les bonheurs le sont, vaut mieux qu’un bonheur idéal, rêvé, qui n’est qu’un mythe jamais atteint…
Cessons de rêver la sagesse, cessons de rêver le bonheur ! Le bonheur n’est pas le but du chemin, il est le chemin même ! Chemin cahotant, approximatif, parfois difficile, mais entrecoupé de belles plages de douceur. « Le bonheur n’est pas un repos, nous affirme le philosophe André Comte-Sponville, c’est un effort qui réussit, un échec qui se surmonte », une expérience qui enrichit. « C’est dire qu’il n’y a pas de bonheur sans courage, et c’est ce qui donne raison aux stoïciens. Mais il n’y en a encore moins sans plaisir, c’est ce qui donne raison à Epicure, ni sans amour, c’est ce qui donne raison à Socrate (…) ». Et le philosophe de conclure son livre par cette phrase « Le bonheur, n’est ni dans l’être, ni dans l’avoir, il est dans l’action, dans le plaisir et dans l’amour. »
Alors, le bonheur est-il dans le pré ? C’est-à-dire à portée de main ? Ou comme le dit la chanson : « Le bonheur est toujours pour demain » ?
Mais c’est quoi le bonheur finalement ? Une félicité, qui résulterait de la satisfaction de tous nos désirs ? Idéal de l’imagination, mais non de la raison. Ou alors une conception plus relative : on est plus ou moins heureux, dès lors qu’on n’est pas malheureux, chaque fois que la joie nous paraît proche, facile, fréquente ? C’est le bonheur au sens ordinaire du terme.
Et si le bonheur était un état d’esprit ? Le bonheur du sage, qui est le bonheur actuel, vécu en vérité, ici et maintenant. Certes, nous ne sommes pas des sages, mais nous avons des moments de sagesse. Cela équivaut-il à se défaire de tous ses désirs ? Surtout pas ! Mais il est possible de penser et de vivre le désir autrement. Il ne s’agit pas de supprimer ses désirs mais de les transformer, de passer du désir de ce qui manque au désir de ce qui est. Désirer ce qui n’est pas, c’est espérer, désirer ce qui est, c’est aimer.
Il s’agit donc peut-être d’espérer un peu moins et d’aimer un peu plus.
Article écrit par :
06.04.09
La suceptibilité.
ATTENTION :
Cette note est super longue, heureusement très facile à lire.
Je voulais faire un article sur la susceptibilité, je l'ai écrit, mais je ne pouvais en écrire 10 pages. je n'ai pas su comment tout aborder clairement. Alors j'ai trouvé sur un forum, une conversation lancée par quelqu'un et toutes les réponses qui ont suivies. Elles m'ont parues donner l'écho de ce que peut ressentir le susceptible aussi bien que ce que peut ressentir celui ou celle qui partage la vie du susceptible.
Je vous livre ici le tout. J'espère qu'il vous aidera si vous êtes vous même susceptible ou si vous vivez avec quelqu'un qu'il l'est.
Bonjour à tous,
A votre avis,
que dénote chez une personne une extrême susceptibilité ? J'ai
deux susceptibles dans mon entourage proche, et je trouve pénible de
ne pas pouvoir leur dire ce qui me blesse ou me déplaît dans leur
attitude à mon égard, car leur réaction à la moindre remarque est
démesurée. En général, ils me mettent en accusation plutôt que
de reconnaître leurs torts.
Bonsoir
Je pense que cela dénote
un manque flagrant de confiance en soi et donc en les autres.
Pour
ma sauvegarde, j'ai appris à me rapprocher de personnes avec
lesquelles je pouvais dialoguer en confiance, avoir des relations
saines basées sur l'honnêteté et non plus sur les non-dits.
Je
me suis éloignée petit à petit des personnes avec lesquelles je ne
pouvais pas avoir ce genre de relation directe, même si je les
aimais. C'était ça ou je me perdais dans le déni, la manipulation
et le chantage affectif.
bonsoir,
La susceptibilité!
souvent cela pourrit la vie, cela pourrit les relations. c'est le
contraire de l'humour, et peut être même de la tolérance. C'est ne
pas savoir se moquer de soi même, ne pas accepter les
autres.
Comment pouvoir être sincère, même sans être méchante
avec quelqu'un qui n'accepte pas d'entendre ce qui lui déplait. Déjà
, il n'est pas évident de savoir ce qui ne va pas plaire ! J'ai buté
sur ce problème. La première fois j'avoue n'avoir pas compris la
réaction de mon ami (ami, amitié pas ami, compagnon) et je n'ai pas
vu le coup venir. Pour peu que moi aussi j'ai été susceptible, on
ne s'en serait pas remis dès le premier coup de semonce.
N'ayant
rien compris, parce que tellement loin de cette façon de penser,
j'ai insisté et on est reparti. Puis d'autres occasions sont
apparues, lui s'est laissé aller, c'est la première fois qui est
difficile, comme si, une fois que les choses sont sues, cela ouvre
des vannes, on fait moins attention, et moi, moi je comprenais de
moins en moins que l'on puisse réagir ainsi.
Le résultat ?
c'est que j'ai surement trop insisté, mais j'avais l'impression de
me cogner la tête contre les murs, à force de ne pas comprendre et
de buter sur le silence. J'ai eu l'impression d'être jetée ,
liquidée, traitée comme une malpropre.
Et cela fait un mal de
chien, et maintenant tout est perdu.
Je hais la susceptibilité,
j'ai toujours eu du mal à supporter, maintenant encore plus que
jamais. Cela m'a couté une amitié. Et moi, je suis restée sur le
bord du chemin.
Alors la susceptibilité ! j'en aurais encore et
encore des choses à crier. Pourquoi n'est il pas possible de
s'expliquer sans que ce genre de sentiment vienne tout gâcher ?
Bonsoir,
Je dirais parce que
certaines personnes développent une telle image négative
d'eux-mêmes et peut-être même du monde extérieur qu'ils ne
supportent ni l'un ni l'autre. C'est en tout cas ce que j'ai vécu
durant de nombreuses années. La moindre remarque, même drôle, me
blessait et je répondais. j'étais alors "susceptible".
A
présent, ça va mieux, je prends du recul même si parfois, sans que
je réponde, des paroles me braquent. J'y réfléchis après
coup.
Je crois que certaines personnes se sentent si mal que
de toute façon, de "victimes", elles deviennent
"bourreaux" en rejetant leurs torts sur les autres et en
développant même parfois une animosité à leur égard.
Parfois,
quand on en vient à n'accepter que très peu de côtés de soi, la
moindre remarque dévalorisante nous blesse profondément, nous
renvoyant notre propre rejet à la figure. Enfin, je ne devrais pas
dire "nous", je ne parle pas pour un groupe. En ce qui me
concerne, je me détestais depuis tellement d'années, convaincu de
ma médiocrité, de mon manque flagrant d'intérêt que j'en étais
venu à ne rechercher que les personnes étant agréables avec moi.
La moindre remarque déplacée et je coupais les ponts avec la
personne. La moindre remarque me renvoyait l'image si négative que
j'avais de moi, et j'étais en colère contre la vie, en colère
contre l'autre de ne pas voir que j'avais une image si négative de
moi et de ne pas faire preuve de plus de tact, en colère d'être en
colère pour si peu.
C'est très dur à vivre, je me sentais
tellement mal de se sentir touché par des remarques qui peuvent
sembler anodine, encore plus fragile, vulnérable. J'aurais aimé
m'en ficher, mais finalement, j'avais peur, à chaque remarque, que
ce ne soit un motif de plus qui ferait fuir les gens loin de moi.
Encore un côté de moi rejeté. Un de plus. Additionné à tous les
autres. La peur d'être abandonné, la haine que j'éprouvais envers
moi-même d'être si misérable, de laisser les autres le voir, me le
dire, de continuer à vivre dans cette misérabilité sans pouvoir la
changer malgré tous mes efforts.
Mon cas était celui-ci. J'ai
pourri je ne sais combien de relations à cause de cette
susceptibilité, et j'ai perdu un grand nombre d'amitiés.
Cette
susceptibilité a grandement diminué après ma dépression, quand
j'ai enfin réussi à m'accepter tel que j'étais et à me prendre en
compte tel que j'étais, sans chercher à marquer des points en étant
apprécié ou non des gens, en me disant que j'étais moi, et que
c'était déjà très bien, que l'avis des autres était intéressant
mais que je ne devais pas vivre en fonction de celui-ci pour
m'estimer et être heureux, faire mes choix.
Depuis, je me sens
plus détendu avec les gens, j'accepte les vannes dites sur le ton de
la plaisanterie.
Cependant, inutile de le nier, je pense que c'est
un long travail pour ne plus être susceptible, à tort ou à raison
bien sûr, car cela demande de s'accepter et d'avoir conscience de sa
place dans ce monde, à mon sens. Chez moi, une certaine fragilité
subsiste, mais je ne me considère plus susceptible car j'ai appris
(ou j'apprends plutôt) à dire les choses simplement aux gens sans
les garder pour moi, à m'exprimer, à prendre ma place tout en ne
m'imposant pas, à me donner du plaisir en étant là. Et plus je le
fais, plus je me sens en paix, et plus mes rapports avec les gens
deviennent harmonieux, tolérants, ouverts. Tout le contraire
d'avant.
Je pense que ça demande du temps, mais que c'est
possible de s'en sortir.
Bonjour,
Je viens de lire votre réponse, et j'avoue qu'elle m'ouvre un peu les yeux. Je ne dis pas qu'elle me réconcilie avec la susceptibilité, non , pas tout de même, ni que cela explique tout ce qui m'est arrivé, mais de façon générale, elle a eu pour mérite de me faire prendre conscience de ce qui peut se passer dans la tête de la personne susceptible.
Bien sur j'avais déjà essayé de trouver des "circonstances atténuantes" mais ça ne restait que le fruit de ma réflexion et non celui de celle d'une personne en butte avec ce "problème".
J'y réfléchirai peut être un peu plus à l'avenir, mais il faut bien reconnaitre que ce n'est pas facile à vivre. Pour moi, il y a tellement de laideur partout, que lorsqu'on trouve une petite éclaircie à partager, j'ai du mal à accepter qu'on la gâche de cette façon. Et cela fait tellement mal.
Bonjour,
La suite de cette discussion
m'intéresse beaucoup. C'est bien de voir ce qui se passe dans la
tête du susceptible et de celui qui le subit.
Merci pour ton
témoignage, qui confirme ce que je pense depuis si longtemps : que
les personnes dont j'ai fait mention sont en fait vulnérables car
peu sûre d'elles, mais elles réagissent par l'agressivité à la
moindre remarque, même et surtout justifiée, au lieu de faire un
travail sur elles-mêmes pour s'accepter telles qu'elles sont, avec
leurs défauts. C'est cela qui me désole : qu'ils aient préféré
me pourrir la vie plutôt que d'entreprendre une thérapie. Car ça
ne doit pas être facile d'être susceptible, mais vivre avec des
susceptibles non plus.
Bonjour,
la psychothérapie n'est malheureusement pas un remède miracle, il ne marche pas avec tout le monde et surtout par avec les gens qui ne le souhaitent pas, la susceptibilité devrait être considérée comme un trait de caractère à part entière et non une tare, on ne reproche pas à un inhibé d'être comme il est on ne va pas l'obliger à aller consulter pour cela, mais il est certain que si cela gâche la vie des proches, ceux ci peuvent faire un travail sur eux même pour apprendre a être moins sensible aux réactions de la personne susceptible, ou bien s'éloigner d'elle ...
Bonsoir,
Eh bien c'est précisément ce que je fais, m'éloigner... Quel gâchis tout de même quand je pense à cette quantité de scènes de ménage , qui auraient pu être évitées si mon mari s'acceptait tel qu'il est et pas en homme parfait qu'il veut paraître... Cela coûte donc tellement de reconnaître ses torts et de demander pardon ?
Bonjour,
S'éloigner ? C'est ce que j'aimerais
pouvoir faire. Prendre du recul, me dire que cela ne vaut pas la
peine de continuer à souffrir, parce que ce qui s'est passé une
fois, deux fois, recommencera, immanquablement. Quel est l'avenir
d'une relation dans ces conditions puisque tout est bloqué !
Et
pourtant ! comme je l'ai déjà dit, le motif est tellement "futile"
pour moi, que les réactions que j'ai essuyées ne peuvent que tuer
le sentiment d'amitié que j'ai en moi. Par contre, moi, j'ai été
tellement perdue, que je n'en étais plus moi.
J'espère que tu
sauras garder suffisamment de bon sens pour essayer de faire face
"dignement" à ta situation. Cela dépend bien sûr de ton
contexte personnel. Cela peut te permettre de valider une décision
qui en fait est déjà quasi prise dans ta tête Disons que ce sera
le détonateur. Je te souhaite du courage en tous cas. Je sais que ce
n'est pas facile à vivre.
Bonjour,
Bien sûr que ça coûte, à l'orgueil démesuré d'une personne qui se veut parfaite, de reconnaître ses torts et de faire amende honorable ! :
Ça lui coûte sa perfection !
Et ça, rares sont les gens de ce type qui veulent risquer de la perdre, tant que la Vie ne leur a pas mis la baffe suffisamment grande qui fasse qu'ils ne peuvent que la lâcher, cette "perfection" de façade !
Et encore...Certains meurent avec, la main fortement crispée sur elle...
Il m'a fallu très longtemps pour comprendre qu'entretenir des scènes de ménage avec un homme pareil n'était pas digne de moi.
Lorsque j'ai compris cela, j'ai pu quitter cet homme qu'était mon ex mari et passer à autre chose en faisant l'effort colossal de ne pas me retourner et de continuer à avancer droit devant vers ma vie à moi avec mes enfants et des gens simplement honnêtes qui ont l'humilité de se remettre en question comme j'en fréquente à présent.
Bonsoir,
Je crois aussi qu'on se laisse piétiner
par des personnes susceptibles, tout le temps que l'on est
susceptible soi même.
Le jour où nous commençons à soigner
notre propre susceptibilité en faisant un vrai travail psy sur nous,
nous acceptons de moins en moins de laisser la susceptibilité des
autres nous pourrir la vie.
Bonsoir
Je ne pense pas que ce que vous avez
écrit soit forcément correct : Je crois aussi qu'on se laisse
piétiner par des personnes susceptibles, tout le temps que l'on est
susceptible soi même.
J'ai des défauts, surement beaucoup,
mais pas celui là, je ne suis pas susceptible, même si certaines
remarques me touchent bien évidemment, mais je n'apparente pas cela
à de la susceptibilité. Je suis même sure de moi (pour une fois).
Pourtant je subis.
Ne vous en faites pas , je ne l'ai pas mal
pris.
Bonsoir
Alors je parlais pour
les gens qui me ressemblent, car j'ai eu le courage de m'éloigner
des gens susceptible à partir du moment où ma propre susceptibilité
a commencé à s'atténuer à force d'un travail sur moi en
psychothérapie de groupe.
A présent que je suis beaucoup
moins susceptible, que je me remets facilement en question, je ne me
laisse plus enquiquiner la vie par des gens qui ne veulent pas se
remettre en question lorsqu'ils ont tort ou autre; Je passe mon
chemin et laisse ces gens là où ils veulent rester :
Loin
d'eux-mêmes, donc loin de moi.
Bonsoir,
Vos témoignages, m'éclairent
beaucoup. Je me sens moins seule dans mon problème. Chez mon mari,
c'est au point qu'à chaque fois qu'il commet une maladresse, au lieu
de s'excuser, si je lui fais une remarque, il me fait une scène sur
mon caractère exécrable. Et cela est le détail, il va sans dire
que sur les blessures très profondes qu'il m'a infligées par
violence verbale et psychologique, il retourne encore la situation en
se positionnant comme victime de la femme détestable que je suis
censée être.
Vous avez raison dans le sens où j'apprends à
résister à cette pression intolérable par ma propre thérapie. Je
ne pense pas non plus être susceptible, plutôt très sensible et
vulnérable. La différence avec la susceptibilité, c'est que je
reconnais volontiers mes torts et demande facilement pardon, ce qui
n'est pas le cas d'un susceptible.
Et si je vous dis que la
susceptibilité de mon mari n'est rien au regard de celle de sa mère,
vous comprendrez de quel nœud de vipères je suis en train de
m'extraire...
Bonjour,
Je vivais la même chose que ce que
vous écrivez ci-dessus avec mon ex mari.
Nos maladies psys
étaient complémentaires :
Je m'excusais de tout, il ne
s'excusait de rien ou presque.
J'avais baigné dedans depuis toute
petite avec ma mère. Ce jeu me détruisait mais j'y étais habituée,
je ne connaissais que lui, jusqu'au jour où moi aussi j'ai décidé
de m'en extirper en m'occupant de moi et en me soignant.
Bonne
continuation dans votre travail de récupération de vous même !
Vous verrez, lorsqu'on se libère des susceptibles, tout est
différent, tellement plus vaste et intime en même temps !
Mais
ce n'est pas facile...24 heures à la fois, c'est possible.
Bonsoir
En lisant ton message dont je te
remercie, je poursuis.
Mon mari sait qu'il est susceptible, mais
il me dit qu'il est comme ça, que je dois l'accepter. Je trouve cela
un peu facile, car j'ai pris beaucoup sur moi pour supporter sa
mauvaise foi, ma thérapie n'est pas toujours une partie de plaisir,
et je ne vais pas lui donner pour but de m'écraser plus facilement
devant les sautes d'humeur de mon mari. Lui ne se remet pas en
question et ne consulte pas, alors que je ne suis pas la première
compagne à déprimer à ses côtés.
Nous sommes en train de nous
séparer. Ton message me donne de l'espoir car je me dis que j'ai
encore un avenir. J'entame la quarantaine et j'ai envie de vivre sans
avoir besoin de tendre le dos à chaque fois que mon mari est
confronté à ses limites et se défausse sur moi de son
insatisfaction personnelle. Il m'a dit un jour : "Mon problème,
c'est toi", phrase destructrice au possible pour une personne
qui essaie de se reconstruire au sortir d'une dépression.
Quant à
ma belle-mère qui se complaît dans l'illusion d'avoir été une
mère parfaite alors qu'elle est plus qu'abusive, elle estime que ses
fils sont parfaits et que tous leurs problèmes viennent de ses
belles-filles. Climat psychologique étouffant.
Je me demande
combien il faut de relations gâchées aux susceptibles avant qu'ils
se remettent enfin en question.
Bonjour
Alors lorsque son
"problème" l'aura quitté, il ne pourra que s'en
réjouir...
Mon ex mari disait la même chose jusqu'au jour du
divorce effectif où là, il a dit à son avocat en pleurant sur son
compte comme d'habitude (J'ai cru longtemps que lorsqu'il pleurait
c'était parce que je le faisais souffrir, jusqu'au jour où j'ai
enfin bien voulu voir mon ex mari tel qu'il était : Un égocentrique
parfaitement étanche) :
"Je n'aurais jamais pensé qu'elle
serait allée jusqu'au bout"
Ben si...Ce jour là,
j'étais arrivée au bout du bout de mes concessions; Je n'avais plus
rien à concéder de plus à mon ex mari que ce divorce qu'il avait
d'ailleurs demandé un an auparavant, car je ne voulais pas revenir
sur ma décision de n'avoir de rapport sexuel avec lui que lorsque
j'en aurais envie.
Il m'avait "menacée" de divorcer, je
n'avais plus voulu entendre son chantage affectif cette fois là, je
n'avais entendu que ses mots.
C'était un mardi je me souviens; Il
m'avait dit : "Bon, Sylvie, moi j'en ai assez, on ne vit plus
comme un vrai couple, on n'a plus de rapports sexuels, je veux qu'on
divorce"
J'avais ressenti une petite joie toute vive; Je
n'avais plus peur.
Je lui avais répondu tranquillement : "Ecoute
X, on est Mardi, si Jeudi tu n'as toujours pas changé d'avis, on
prend rendez-vous chez l'avocat et on lance la procédure" (Il
avait dû être saisi d'étonnement à présent que j'y repense, car
il n'était pas habitué à ce que je me situe aussi clairement face
à lui; Il était habitué à ce que j'abonde en son sens, que je
cède à ses demandes non formulées; Là, je n'avais répondu qu'à
ce que j'avais entendu sans interprétation d'aucune sorte; Je ne
m'étais pas lâchée)
Le Jeudi il n'avait toujours pas changé
d'avis, j'ai pris rendez-vous chez l'avocat.
Comme par hasard,
l'avocat nous a donné rendez-vous le jour anniversaire de nos 13 ans
de mariage.
On est allés au rendez-vous et la procédure a été
lancée.
J'ai compris, suite à la réflexion qu'il avait faite à
son avocat un an après, que tout le temps de la procédure, il
espérait que je ferais machine arrière, que je m'assoirais sur mes
décisions, que je me lâcherais encore une fois et que j'accepterais
de coucher avec lui sans envie (je lui avais demandé d'être
patient, que je ne pouvais plus avoir des rapports sexuels juste pour
lui faire plaisir ou pour jouer au couple, que je me soignais...il
avait accepté...Trois mois...Puis avait voulu me faire du chantage
au divorce; Il est mal tombé cette fois : J'avais atteint mon point
de non-retour.)
J'étouffais et mourais à petit feu (parfois
à grand feu).M'en extraire m'a demandé beaucoup de courage,
d'acceptation et de Foi, un jour à la fois.
Depuis, j'ai
rencontré mon complément dans la santé, l'Homme avec lequel je vis
heureuse, qui me respecte et que je respecte; Nous nous sommes
mariés, je peux dire que le jour a vraiment succédé à la nuit !
J'avais eu 3 enfants avec mon ex mari.
Rien ne s'est fait sans
mal, mais petit à petit, avec le temps, tout est rentré dans le bon
ordre.
Tout le temps que je suis restée à me
poser des questions, à vouloir tenter de comprendre les autres, je
me suis tenue éloignée de moi.
Lorsque j'ai commencé à
m'occuper de moi (chez les Alcooliques Anonymes pour ma part), que
j'ai appris à parler de moi avec l'autre et non à parler de l'autre
avec moi, que j'ai bien voulu me laisser aller au plaisir de
ressentir que la personne la plus importante pour moi c'était moi,
bref que j'ai commencé à m'occuper un peu plus de mon nombril que
du sien, j'ai commencé à guérir.
N'essayez pas de
comprendre la maladie des autres ou d'attendre que les autres se
soignent .Tout le temps que vous vous préoccupez de cela, vous vous
maintenez dans quelque chose de malsain pour vous car vous ne vous
occupez pas de vous.
Bien sûr ça fait très peur de
s'occuper de soi lorsqu'on a été élevé à se préoccuper des
autres ou lorsqu'on a cette nature, lorsqu'on pense qu'il est
indécent de penser à soi...Mais je crois qu'il faut en passer par
là si l'on veut se tirer de certaines dépendances destructrices,
selon comment on est...
Bonjour les amis,
je suis dans le
milieu musical.
Depuis quelque temps j'ai des problèmes avec
certaines personnes à cause de leur grande susceptibilité.
Je
crois que j'ai une façon un peu rude de communiquer, mais je ne suis
pas méchant. Je veux que les choses avancent, je suis toujours le
moteur de tous les plans et j'ai une connaissance plus approfondie de
la musique que mes camarades. ça c'est tout à fait objectif et
reconnu. Après je dois par exemple expliquer au bassiste comment
doit tourner le morceau ou au clavier quels accords il doit jouer.
J'ai dit d'avance que je n'y met pas toujours la forme, je dis les
choses comme elles sont, mais je ne suis pas un type obstiné qui
veut avoir raison; c'est que dans la musique il y a certaines lois
que l'on ne peut pas transgresser, sinon tu fous tout parterre. Mais
mes remarques (aussi pertinentes qu'elles soient) sont souvent mal
interprétées. Et puis craque, on me fait la gueule et on n'avance
plus...l'horreur quoi.
Encore hier le bassiste s'est fâché pour
quelque chose et je ne savais même pas que c'était à cause de moi
! je l'ai appelé aujourd'hui et je l'ai découvert.
Alors,
comment je peux éviter un truc dont je ne m'aperçoit même pas ?
Je
suis désespéré...surtout que je l'aime bien, mon bassiste...
Bonsoir,
Pas facile effectivement... pour avoir
été (encore un peu, j'avoue!) susceptible, je peux vous dire que
j'ai encore beaucoup de mal à digérer certaines réflexions...
venant de certaines personnes. (Néanmoins, il y a deux personnes sur
Terre qui peuvent me dire réellement ce qu'elles pensent... Je sais
que ce n'est pas pour me détruire... )
Quand on me balance un
truc "brute de fonderie", sans se demander si ça peut
faire mal, j'ai du mal à rester stoïque... Aujourd'hui, j'accepte
les critiques, si elles sont constructives, et bien formulées. Oui,
je sais, ça limite le champ d'action ! mais bon, c'est déjà un
début...
Il me semble que c'est M... qui évoquait plus haut
une opinion déplorable de soi-même, chez les susceptibles. Oui, je
confirme... Et c'est dur de s'en défaire... tellement dur que ça
prend des années... et le problème, pour ma part, c'est que quand
je me prends une réflexion, notamment si elle est injustifiée, ça
renvoi à :
"dis donc, je fais des efforts pour m'apprécier un peu, si vous pouviez éviter de tout détruire en 3 mots... " donc je ne veux pas comprendre la critique...
ou bien "bouhouhou, je savais bien que j'étais qu'un nul" bref, pas constructif non plus...
En fait, en me relisant, je me dis que
j'ai encore beaucoup de chemin à faire !!!!
Bises...
Bonjour,
Cela fait 7 mois que je
suis avec ma copine... Mes sentiments sont très forts pour elle et
réciproquement... Le seul souci c'est qu'elle est très susceptible
et je risque de la perdre à cause de ça... Pour une peccadille,
elle m'en veux, cela fait cinq jours qu'elle ne m'adresse plus la
parole et je ne sais pas si mon histoire avec elle continuera...
J'suis parti pour faire une bonne dépression car pour moi elle seule
compte et si je la perd je ne sais pas comment je vais me
reconstruire. J'ai lu tout ce qui a été dit sur ce forum sur la
susceptibilité et pour moi c'est une pathologie du à un manque de
confiance en soi ... J'aimerai combattre avec elle ce mal (si elle
décide de revenir vers moi) pour que l'on soit heureux et non qu'il
nous gâche la vie.
Si vous avez une "solution miracle"
à me proposer pour qu'elle revienne vers moi n'hésitez pas à m'en
faire part car je ne sais plus quoi faire...
Bonjour à tous
A votre
avis, que dénote chez une personne une extrême susceptibilité ?
J'ai deux susceptibles dans mon entourage proche, et je trouve
pénible de ne pas pouvoir leur dire ce qui me blesse ou me déplaît
dans leur attitude à mon égard, car leur réaction à la moindre
remarque est démesurée. En général, ils me mettent en accusation
plutôt que de reconnaître leurs torts.
Bonjour,
je fais
remonter ce topic des limbes car je l'ai trouvé par hasard et il m'a
apporté un grand réconfort.
Je vis depuis près de deux ans avec
un susceptible.
Il a effectivement une piètre estime de lui-même
et les paroles qu'il déverse dans nos querelles ou celles que je lui
arrache lorsqu'il boude, sont éloquentes. Voici ses "croyances"
:
"j'en prends toujours plein la gueule"
"je
suis qu'un pauvre c***"
"tous mes efforts ne servent à
rien"
Je me suis aperçue en outre que son comportement
est fortement manipulateur et qu'il profite d'instants de faiblesse
de ma part (fatigue, soucis, douleurs etc.) pour me "solliciter"
et interpréter mes réactions comme de l'agressivité.
J'ai tout
essayé, de la douceur à un système de gestes-clés. Rien à faire.
Ce genre de personne ne supporte pas l'amour et l'attention qu'on
leur porte, ils sont dans un doute perpétuel, toute confiance peut
être détruite par une simple de leurs pensées. Pas de recul, pas
de capacité d'auto-dérision.
Cela me fait de la peine, mais
je crois que tant qu'ils ne reconnaissent pas leur pathologie et
qu'ils ne se prennent pas en main, toute tentative de vie commune est
vaine. Car une relation perverse s'instaure rapidement où l'un se
sent persécuté et l'autre perd patience puis confiance.
Bonjour !
Ce post m'a
éclairée sur un point .
La susceptibilité exacerbée , c'est à
dire une réaction EXAGERE à la situation PRESENTE vous renvoie à
une situation passée , que vous reproduisez inconsciemment et qui
vous saute à la figure comme un chat sauvage ou un flash .
D'où
l'incompréhension de l'interlocuteur .
Car il n'était pas
toujours l'acteur de la situation passée !
Mais comprendre cela
, c'est déjà beaucoup , et aussi que les personnes susceptibles
n'ont souvent pas confiance en elles .
Il faut aussi
distinguer la sensibilité et la susceptibilité.
Certaines
personnes ont été habituées , et c'est louable , de par leur
éducation et /ou leur caractére à "mettre les formes" ou
à "ménager la susceptibilité de l'autre" , en Diplomatie
cela peut s'appeler laisser une porte de sortie honorable .
Et si
par ailleurs , cette même personne se trouve confrontée avec une
autre "brut de décoffrage", qui n'aura pas les mêmes
délicatesses , ses propos , son attitude physique parfois ,
choqueront , heurteront la première personne, car elle ne comprendra
pas pourquoi n'y a pas de RECIPROCITE .Et bien sur cataloguera
l'autre d'agressivité , ou de méchanceté ...
C'est à dire ,
je fais attention à toi , j'attends donc de toi que tu fasses
attention à moi !
L'homme est un animal social , et il y a un
minimum de règles à respecter pour ne pas agresser inutilement , ou
se sentir agressé , alors que l'autre n'était pas dans l'intention
de nuire .
Bonsoir
La susceptibilité ne vient t-elle pas
aussi qu'on projette sur l'autre le manque de confiance d'où
l'agressivité refoulée.
Je suis susceptible du fait que j'ai du
mal à dire non alors que je le voudrais.
Je deviens presque
agressive si quelqu'un s'oppose à moi ou me dit non. Je suis très
susceptible dans ce cas là donc soit je me défends soit je fuis.
Tout dépend de mon état. Ensuite je culpabilise.
Bonsoir
Ce topic m'a aussi aidée a comprendre
un peu mieux mes parents avec qui j'ai des relations plus ou moins
difficiles.
en fait j'ai toujours peur de leur faire du mal ...
rien qu'en vivant ma propre vie, classique et sans problème, mais
avec des choix qui ne sont pas les leurs.
Dans nos disputes leurs
paroles c'est aussi :
"de toute façon je sais je suis une
mauvaise mère, j'ai tout raté"
ou la tête déprimée alors
qu'elle n' a pas non plus tout raté : avoir 3 enfants qui l'aiment
et en bonne santé ce n'est déjà pas bien ça ?
je pensais que
c'était parce que c'étaient mes parents que j'avais tant peur de
leur faire du mal sentiment que je n'ai avec personne d'autre mais en
fait je crois qu'ils sont susceptibles.
je suis d'accord que
l'éloignement par rapport à des personnes susceptibles peut être
une solution mais quand il s'agit de ses parents, qui sont très
gentils??
je suis tiraillée entre 2 pensées :
- prendre mes
distances : parce qu'avec eux je ne passe pas de moments agréables :
il faut faire attention à ce qu'on leur dit.
- les voir
régulièrement car un jour ils ne seront plus là...
Et ma
question que je me pose souvent : puis-je seule, arranger ses
relations ou seront ils toujours comme ça ?
merci de m'avoir
lu
Bonjour à tous.
Je suis tombé
sur ce topic par hasard, et étant moi même susceptible, (et même
très.. ) je dois dire que c'est incroyable comment je me suis
reconnu dans le message de M.
Oui en effet. Je pense avoir un
terrible manque de confiance en moi. D'ailleurs ça me donne des
conséquences.
Je crois que mon manque de confiance à été
instauré dès l'enfance, pas une seule fois j'ai eu des
encouragements...que des remarques ou des accusations, telles que
"non mais tu ne comprendras jamais rien de toute façon."
ou "t'avais qu'à faire attention "c'est comme ça (du
moins je pense) que mon manque de confiance s'est agrandit.
Maintenant 22ans, je n'ai jamais eu de petite copine,
probablement à cause de ça. Impossible pour moi d'aller vers
(elle-s). C'est pas la peine, je ne mérite pas de l'avoir, elle est
trop bien pour moi, elle va vite se lasser de moi surtout avec mon
manque d'expérience, en effet, qu'est-ce qu'une personne va se
préoccuper de nous! des mecs il y en a plein partout!
Enfin
voilà.. maintenant, ça me fait toujours rire quand on me dit des
compliment, ou des qualités. J'aime pas les compliments.
Voilà..
en plus de la susceptibilité, j'ai aussi d'autres défaut
désagréable pour mes relations avec les autres.. soit ça se fini
en une tête "bizarre" ou bien, ça se fini en engueulade.
ensuite, je coupe les ponts.
Raz le bol de cette
susceptibilité enfin.. raz bol de ce que je suis!
26.11.08
J'aimerais être aimée.
Oh ne vous méprenez pas, je pense que je suis aimée, en fait c'est ce qu'il me dit et ce que je ressens aussi. Quand je dis j'ai envie d'être aimée je veux dire que je souhaite être aimée pour ce que je suis. Et ça on n'en est jamais sûr(e).
Si je demande à mon homme
pourquoi il m'aime il me donnera plein de bonnes raisons, je suis
ceci, je suis cela etc....En fait je me demande toujours si
l'autre m'aime pour moi ou pour lui. Pour ce que je suis ou pour ce
que je lui apporte.
Je souhaiterais qu'il me dise qu'il m'aime
pour mon âme. Pour ce qu'il y a de gravé en elle.Mes douleurs passées, mes
chagrins, mes cicatrices, mes remords, mes joies, mes peines, mes
tristesses, (tiens ça me rappelle le titre de
mon blog....)
j'aimerais qu'il m'aime pour les blessures que j'ai dans le coeur et à l'âme, les rides que le temps à marqué au coin de mes yeux. Les chagrins qui ont tracé le sillon de mes larmes.
J'aimerais qu'il m'aime pour la force que j'ai su trouver en moi pour me relever de mes déceptions, trahisons, pour la ténacité que j'ai eu pour construire notre amour....qui n'était pas simple au départ.
J'aimerais qu'il m'aime pour mes fragilités, mes côté vulnérables, mes faiblesses.
Parfois je souhaiterais être laide, grosse, très ridée. Là au moins je pourrais me dire que celui qui est à mes côtés m'aime pour ce que je suis à l'intérieur. Mais si j'étais comme ça, est-ce que je m'aimerai moi ?
Il y a beaucoup de choses que j'ai en moi et qui me plaisent, dans mon caractère, ma façon d'être ou de penser, des choses que je pense être d'une grande valeur. Si je les dis, par exemple, ma générosité, mon goût d'aider les autres, ma grande sensibilité, cela me semble être de la mégalomanie. Or je suis tout sauf mégalo. Alors lorsque je lui demande pourquoi il m'aime, et qu'il ne répond pas comme je le souhaiterais je reste sur ma faim. Un peu comme si je pensais qu'il ne voit pas l'essentiel.
Et vous qu'en pensez vous ? Pourquoi êtes vous aimé(e)?
23.04.08
Aurais-je encore 16 ans ? ;-))
Je parcourais internet en lisant de ci de là, et je suis tombée sur ce texte écrit par une jeune fille de 16 ans, amoureuse, elle décrit ce qu'elle pense être l'amour. J'ai trouvé ça beau, attendrissant. Je peux dire aussi que je partage son point de vue et que je suis quelque part encore habitée par cette vision des choses, même si je sais que ce qu'elle décrit ici n'est que l'état amoureux. Cependant je pense que si on sait entretenir l'amour, cet état amoureux peut subsister longtemps.
Pour
moi l'amour est un ensemble de sensations, de sentiments profonds qui
ne nous quittent plus le temps que dure notre relation. Ce sentiment
de mal être, d'attente interminable, d'un manque quand l'autre
n'est pas là ; cette impression de bonheur subit, comme une
vague de bonne humeur et de bien être lorsque l'autre est à
nos côtés. Être dépendant de la personne que l'on
aime, ne vivre que pour lui et ne plus rien avoir à en faire
du reste. L'amour est double, il est à la fois une souffrance
et un plaisir, comme une drogue.
La souffrance, elle est là
quand on doit se séparer, quelques heures qui nous paraissent
une éternité, le ventre qui se serre, cette impression
de vide,
c'est un rayon de soleil, une source de gaieté, un enivrement. Tout va bien, on se sent protéger, en sécurité, apaiser, comme sur un nuage. Et l'autre, il est tellement... Tellement tout ! Et comme on dit, s'est réellement notre moitié, il fait parti de nous et on ne peut plus s'en séparer. La simple présence d'un homme à nos côtés peut changer toute notre vie, lui donner un sens. On avance dans notre relation au fur et à mesure que notre amour grandit, que nous même grandissons. Après les baiser, les caresses on en vient peu à peu à la découverte du corps de l'autre, à la découverte de notre sexualité.
Se donner à l'autre, lui montrer tout de nous est une chose difficile et il faut prendre le temps d'accepter de le faire.
Je vous mets aussi ici le lien d'une petite vidéo très instructive sur comment entretenir l'amour....
24.03.08
J'ai perdu le fil,
Mon blog s'engourdit, je le déserte, je le néglige, je ne sais plus écrire, je ne sais plus comment écrire, je ne sais plus quoi écrire.
En fait j'avais commencé ce blog
pour me libérer, pour m'exprimer pour témoigner de mon
vécu.
Aujourd'hui, je ne me libère plus, je ne
m'exprime plus, je ne témoigne plus.
La grande erreur à
été de donner l'adresse de mon blog à des
personnes trop intimes dans mon entourage. A présent je sais
que je suis lu, ou peut l'être par ces personnes là et
je n'ose plus être moi.
Cependant, il n'y a pas que ça, depuis
quelques temps....trop de temps...ma vie ressemble à un yoyo,
des hauts et des bas, des hauts... très hauts, des bas... très
bas, alors du coup je n'ai plus envie de raconter, raconter mes
joies, et raconter mes peines, j'aurais la sensation de vous faire
lire toujours le même feuilleton, et quoi de plus ennuyant que
de voir ou de lire toujours la même chose.
Alors je
peux, bien entendu, écrire en ne parlant pas de moi, de mes
sentiments de mes ressentis, Oui je pourrais faire ça, mais ce
n'était pas le but de ce blog, donc je le verrai comme
insipide si je faisais cela. Raconter une sortie en mer, ou un moment
de partage avec des amis, est pour moi intéressant dans la
mesure ou je peux y mettre de moi. Or j'ai besoin d'y mettre tout de
moi, pas qu'un peu, j'ai besoin de tout dire, de me raconter, de me
livrer ici.
Je bloque...je ne sais pas...parce que ce que je vis influe ce que je ressens et j'imagine (je me fais l'image) que, quelqu'un qui ouvre mon blog vient y lire des choses qui vont l'intéresser, lui donner de quoi penser, réfléchir, mieux se connaître ou bien voir s'il y a quelque part quelqu'un qui vit aussi quelque chose. Bon c'est peut-être pas très clair, mais je ne sais pas écrire des futilités, j'ai besoin d'y mettre du sens, des sentiments. Du coup, je ne sais plus écrire, je déserte mon blog, par manque de vie stable. Je ne dis pas routinière, mais manque de vie qui ondule entre deux extrêmes. La mienne est « extrémiste ». Tout va bien....tout va mal....je pense fort à ça depuis quelque temps et je me renferme sur moi même pour que ces extrêmes s'adoucissent, je n'aime pas les zig zag, je préfère les ondulations. J'ai envie, besoin de sérénité, je la cherche, et je finirai bien par la trouver.
26.01.08
Météo
Un vent de 35 noeuds et une forte houle.
C'est fou comme les relations de coeur sont compliquées, alors que cela devrait être si simple.
Quand on s'aime on devrait se soutenir, se comprendre, se respecter non ????
Je crois que j'ai encore pas mal de choses à vivre....et qui vivra verra !
Bises à tous ce qui me soutiennent.
22.11.07
Auto-thérapie
Voilà, je sais que quelques uns
d'entre vous sont impatients de savoir où j'en suis.
Et bien, après ces trois
semaines de solitude voulue, appréciée, malgré
les moments difficiles que l'on rencontre quand on se regarde dans le
plus profond de nous même, je me sens bien.
J'ai beaucoup pensé, lu,
réfléchit, analysé, décortiqué, et
puis je me suis trouvée, j'ai trouvé mes failles, mes
faiblesses, mes cotés vulnérables. Du coup je me sens
plus forte.
Il m'a fallu répondre à
quelques questions avec sincérité, pour que finalement
je vois une lumière apparaître et que les noeuds se
défassent peu à peu.
En fait c'était simple, on dit
toujours ça après, mais oui, il suffisait que je me
pose les bonnes questions, et que j'y trouve les bonnes réponses.
Le reste à suivi, bien entendu avec des m moment d'angoisse,
de doute, de tristesse, etc....bref, toute la kyrielle d'émotions
et de sentiments que l'on peut éprouver.
J'ajoute juste que nous nous sommes retrouvés, nous en avons parlé ensemble, ce qui lui a permis aussi d'exprimer ses ressentis, et nous nous sentons en phase, souhaitant tous les deux faire notre part du chemin qui nous mènera l'un à l'autre avec une meilleure compréhension de l'autre et de nous même.
Voici ici les questions qui étaient
fondamentales pour moi, dans mes prochaines notes je vous ferai part
de certaines notes que j'ai pris pendant ces trois semaines, afin que
vous puissiez suivre ce qu'a été mon parcours et en
souhaitant toujours que cela puisse aider quelqu'un d'autre.
.....................................................................................................................................................
Pourquoi ai-je trouvé un homme que je pense devoir materner si j'ai tant besoin qu'on me materne ?
Pour me rendre indispensable, pour
qu'il m'aime et ait besoin de moi. S'il a besoin de moi et si je lui
suit indispensable il ne me quittera pas.
Pourquoi je me sens aussi coupable,
jusqu'à en paniquer et
perdre le contrôle, selon sa réaction, si
j'exprime un sentiment et que cette expression touche quelque chose
chez lui et lui fait mal ?
Par peur d'être vue comme
quelqu'un qui veut faire mal, quelqu'un qui cherche un conflit.
Pourquoi ai-je tant besoin d'être
reconnue ? Admirée ?
Pour me confirmer
dans mon idée d'avoir de la valeur pour lui.
Je recherche une relation transparente : dis moi tes sentiments je te dis les miens, on doit tout se dire ! Pourquoi ?
Par soucis de l'aider, par soucis de me faire bien connaître, par recherche d'une complicité et d'une "fusion" (émotionnelle, mentale.)
Qu'est ce qui m'a plu chez lui ? Et pourquoi ai-je continué la relation même si des lanternes rouges se sont allumées parfois ?
Justement, à part des qualités nombreuses et très importantes à mes yeux, il était sans doute un très bon sujet pour le permettre de me rendre indispensable.
Pourquoi j'ai mal quand il est touché (blessé) par ce que je lui dit et se met à distance ?
Oui en fait il se met en retrait, si je suis objective il ne me met pas en retrait. Il reste présent en essayant au mieux dans son état de (blessé )de me faire voir qu'il est là.(un petit geste, une petite parole )Ici Salomé dirait qu'il a ces gestes là pour ne pas se déjuger, ne pas faire le premier pas en amenant l'autre à le faire.
Sauf quand il est très blessé, alors là il prend la fuite, là encore il ne me rejette pas il se protège de ses propres douleurs, des émotions que je réveille en lui, de ses propres peurs.(je pense).
Dans ces situations c'est moi qui
ressent le rejet et je le persécute pour qu'il me parle ou
s'approche de moi pour me rassurer de ne pas me voir méchante.
-Dans ses moments,
Peut-il comprendre que je ressens le rejet ? Peut-il
comprendre que j'ai peur qu'il ne décide de me quitter
?
Et à
posteriori peut-il le comprendre ?
- C'est à lui de répondre
!
Puis-je comprendre et accepter d'avoir
été sans le vouloir, par l'expression de mes émotions
ou ressentis, le « déclencheur » de son
mal être ?
Oui totalement ! Mais justement le
fait de le reconnaître me fait culpabiliser de lui avoir
dit ce que je pensais et je panique. Cela réveille ma peur
d'être vue comme quelqu'un qui veut faire mal, quelqu'un qui
cherche un conflit. Cette peur dont je parlais plus haut.
D'autre part j'entends une petite
voix qui me dit qu'il fallait bien que je lui dise ce que j'ai
ressenti, et ce, dans ce but de transparence qui, selon ma pensée,
mène à la pleine connaissance de l'autre, à la
complicité.
Mon comportement dans ces moments :
j'ai peur je panique alors je vais vers lui pour lui dire que je n'ai
pas voulu dire ça, qu'il n'a pas compris, que je ne veux pas
le conflit, qu'il doit me rassurer de ne pas avoir pris mes paroles
comme des attaques.
Cependant lui les a reçu comme des
attaques, j'ai touché quelque chose qui fait mal en lui et
bien entendu il n'est pas disposé à s'occuper de mes
peurs puisqu'il doit faire face aux siennes. Il est tout à
fait logique de comprendre que s'il se sent blessé, il ne peut
à ce moment là pas me rassuré. Il doit décanter
et réfléchir sur ce qu'il à entendu.
Je le comprends
parfaitement.....Aujourd'hui....avant je ne m'en étais pas
rendue compte.
Pourquoi moi, suis-impatiente ?
Parce que j'ai besoin d'être rassurée....il me faut apprendre à me rassurer seule, à ne pas me sentir coupable. J'ai dit ce que je pensais, si ça le touche il doit réfléchir pourquoi ça le touche, qu'est-ce que j'ai réveillé en lui. Et ensuite il pourra m'en faire part. Nous pourrons alors avoir un dialogue tourné sur nos ressentis et non pas sur nos reproches mutuels qui généralement s'enclenchent malgré nous.
Ex :
moi : « j'ai
ressenti que tu était distant ! »
Lui : il pense
qu'il n'a pas été distant. Cependant il se sent
attaqué comme si je lui collais une étiquette négative
de son « mauvais comportement »
Il est touché
par cette vision de lui même qu'il ne désire pas avoir
Il me répond
que : Non il n'a pas été distant. Puis se renferme
parce qu'il me trouve injuste.
(c'est en général dans
cette phase que je panique de le voir se retirer à mon
expression.)
Mais, je dois
apprendre à le laisser dans son état, à
lui de reconnaître objectivement s'il a été
distant ou pas.
Si oui il doit
le reconnaître, si Non, il ne doit pas en prendre
ombrage (ce n'est que MON ressenti), ce qui lui permet de
venir vers moi et de me demander pourquoi, je ressens cela. Qu'elle
est son attitude qui m'a donné ce ressenti.
Je lui explique
alors ce que j'ai cru observer, et là encore il
reconnaît si c'est vrai ou pas.
S'il n'a pas
été distant et qu'il n'a pas l'intention de l'être
il me le montre en s'approchant de moi pour que je me sente
reconnectée.
S'il reconnaît
que les faits observés sont justes, il m'explique la raison de
sa distance, donc je suis informée du pourquoi de son
attitude, et là c'est à mon tour de reconnaître
ou pas ce qu'il me reproche s'il y a reproche. Ou,
il peut me dire que Oui, mais que cela n'a aucun rapport avec moi si
c'est le cas bien sur.
13.10.07
Déchirures et.... commentaires.
Depuis quelques temps je me promène sur le net et je vais y lire des nouveaux blogs, enfin pas nouveaux en soi mais nouveaux pour moi.
Ma surprise est de constater que dans
ce monde si on y trouve des gens charmants, humains, tournés
vers les autres, ces mêmes personnes sont en pleine
« déchirure » avec quelqu'un qui partage
leur vie, ou du moins quelqu'un de très proche.
Je me demande alors quel est le
phénomène de cette vie moderne qui fait que l'on ait
besoin de se confier par le biais d'un blog souvent dans la recherche
de compréhension et de soutient de la part des autres et qui
en même temps fait que l'on puisse faire preuve d'autant
d'incompréhension envers des personnes proches ou très
proches de nous.
Je lis par ci par là des histoires douloureuses, des personnes qui vivent sous un même toit et qui pourtant ne se parlent plus, se disputent au quotidien, s'en veulent à mort. Ces personnes vont écrire leur douleur sur leur blog, elles attendent des commentaires et elles se réjouissent de ceux-ci. (je ne critique pas puisque je suis aussi passé par là).
Ce qui me surprend souvent ce sont les
commentaires qui répondent à ses notes de détresse.
Souvent ils sont bien construits, invitant seulement l'auteur à
s'interroger et à reprendre un chemin de pensé plus
calme, moins torturé. D'autre fois, j'y lis des commentaires
écrits par des personnes qui se permettent de juger, critiquer
condamner même, la personne supposée « mauvaise »
(le conjoint souvent). Et là je suis toujours surprise.
Comment peut-on se permettre de critiquer ou juger une personne en
entendant (lisant) qu'un son de cloche. Je pense que si nous
pouvions lire le blog de cette autre, alors nous y lirions sans doute
une toute autre version des faits, parce que chacun à son
vécu.
Ceci étant dit, je ne pense pas
que cette façon de montrer sa compréhension ou
d'apporter son aide soit très constructive. En effet, je pense
que l'auteur de ladite note attends d'être lu, compris, mais
attends aussi peut-être inconsciemment une approbation de son
expression « tu as raison de le détester c'est un
con !) Ce qui presque inévitablement l'amènera à
se confirmer à lui même qu'il voit et dis juste. Ou
alors on voit l'inverse, des commentaires qui diront : «
mais non ne le voit pas aussi tordu, il a l'air malheureux ! »
encore une phrase qui peut être aidante, ou alors tuante, selon
qu'elle éveillera une meilleure observation ou bien un
sentiment de culpabilité.
Alors ou je veux en venir avec cette réflexion ? Tout simplement je veux dire ici que je pense qu'il est bon d'écrire ses détresses sur nos blogs, mais il faut être très prudent de l'influence qu'auront sur nous ces commentaires qui se veulent « aidants ».



