L'amertume est un mélange de colère, de révolte et de tristesse à l'égard de souffrances qu'on a vécues comme étant injustes. On garde de ces expériences un goût amer parce qu'il nous semble que les responsables de la situation (en général on impute la responsabilité à d'autres que soi) auraient pu éviter de nous imposer ces souffrances. (A bl).

On garde un goût amer aussi parce qu'on reste prisonnier de ces sentiments qui deviennent "empoisonnants" à la longue. Il y a toujours de la rancune dans l'amertume (mais celle-ci ne contient pas toujours de l'amertume). La rancune est une colère persistante. Elle persiste parce qu'elle n'a pas connu d'aboutissement. Il en va de même pour l'amertume qui demeure si on ne pose pas les actions nécessaires pour aller au bout de cette expérience et boucler la boucle.

L'ex de mon homme ne supporte pas de le voir heureux et ne supporte pas que je fasse partie de sa vie elle est jalouse.

Quand on est jaloux, on éprouve de la colère à l'égard d'une personne qui obtient quelque chose que l'on souhaite vivre. Mais ce n'est pas tout. Ce que l'on envie de cette personne est peut-être à notre portée. Il s'agirait que l'on fasse ce qu'il faut pour l'obtenir. Mais souvent on ne veut pas. En fait, on est révolté d'avoir à faire les choses que l'on devrait faire pour obtenir ce que l'on envie.

La jalousie est un sentiment difficile à vivre. En général, on a recours à deux genres de comportements pour l'évacuer. Le premier consiste à déprécier la personne que l'on jalouse (en l'occurrence dans cet exemple, Moi) Le deuxième, à contrôler celui qui alimentent notre jalousie. (Ici c'est lui).

Toujours dans cet exemple :

Son homme l'a quitté. Il a rencontré une femme qu'elle trouve plus jolie qu'elle, elle voudrait qu'il rompe avec elle, elle voudrait qu'il ne soit pas heureux avec elle. Cela lui éviterait d'avoir des ressentis qu'elle n'accepte pas.

L'envie que contient la jalousie nous informe d'un besoin. Dans l'exemple, l'Ex, envie l'attention, en tant que femme, dont jouit la nouvelle compagne.

La jalousie renseigne également sur les objections que l'on a à assumer ce besoin.

La solution pour la jalouse serait de s'exposer dans sa féminité autant que l'autre le fait, afin de recevoir l'attention qu'elle attend des hommes. Souvent la jalouse n'est pas disposée à le faire, elle voudrait au contraire que cette attention lui soit accordée sans qu'elle ait à s'impliquer. Elle pense que celles qui "plaisent" ne font rien pour obtenir satisfaction et qu'elle au contraire devrait faire un effort pour l'obtenir. C'est ce sentiment erroné qui laisse place à un sentiment d'injustice et qui ronge.

Pourtant la jalousie pourrait servir d'élément stimulant puisqu'elle peut nous pousser à nous dépasser. Ne pas accepter de s'impliquer pour obtenir ce que l'on désire c'est s'emprisonner dans la souffrance. La jalousie devient malsaine lorsque l'on cherche à contrôler l'autre pour éviter de s'impliquer et prendre le risque de plaire.

Ex. Si mon chéri regarde une autre femme et je le lui interdis. (Je cherche à le contrôler). Je ferai mieux de me montrer séduisante, gentille agréable, (m'impliquer) afin qu'il n'est pas envie de partir ailleurs.

La jalouse, ou le jaloux, voudrait obtenir sans effort ce qu'il ou elle pense que les autres obtiennent "naturellement". Le jaloux ou la jalouse pense que l'autre est doté d'un pouvoir, et n'accepte pas de penser que l'autre s'implique pour obtenir l'attention. C'est ce sentiment de n'avoir pas ce pouvoir "divin" qui alimente la jalousie.

On en vient à la haine.

La haine est une colère intense doublée de désirs malveillants : on voudrait que l'objet de notre haine ne puisse nous avoir causé du mal impunément. C'est une manifestation d'insatisfaction à l'égard d'un être ou d'une situation qui détient un pouvoir sur notre satisfaction.

La haine nous renseigne sur notre insatisfaction. L'insatisfaction peut être de différentes natures, allant de la simple frustration (il m'a quitté) jusqu'à un tort subi (sa décision est à l'origine de ma souffrance).

Pour éprouver de la haine au lieu de la colère, il faut une certaine dépendance à l'égard de la source d'insatisfaction contre laquelle on en a. Cette dépendance peut être de nature affective, financière, politique..., l'effet est le même : On est à la merci de l'autre.

Si on reste dans la rumination, si on se prive d'agir pour en sortir, on s'enferme dans la souffrance.

Je soulignerai ici que les sentiments négatifs comme l'amertume, la jalousie, la haine, ne font du mal qu'à nous même. Il est plus judicieux de se prendre en main et d'agir afin de trouver des satisfactions ailleurs, plutôt que de rester dans le désir de vengeance. Le lâcher prise et la prise de conscience que l'on doit s'impliquer pour être satisfait dans nos attentes aura un effet beaucoup plus bénéfique sur notre vie.

Si je m'entête à vouloir me venger, je perds le fil de la recherche de mon bonheur.

Si au contraire, je laisse à l'autre "le poids de" sa conscience et que je regarde où son mes torts, je comprendrai alors comment éviter de souffrir pour cette même cause. Il est préférable pour moi de m'impliquer à chercher des satisfactions avec d'autres personnes c'est ce qui m'aidera à sortir de mon mal être.

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Ref: Psychologie humaniste redpsy.